Les Noces rouges
Réalisateur:
Acteurs:
Origine:
- France
Genre:
- Drame
Public:
Année de production: 1973
Durée: 1h40
Synopsis :
Chronique provinciale d’une passion sexuelle sur fond d’arrivisme politique, Les Noces rouges est le dernier volet de la période dite pompidolienne de son auteur - et une excellente porte d’entrée dans son oeuvre. Fasciné depuis toujours par la bêtise, Chabrol est également hanté par la folie ordinaire et la banalité du crime, et l’articulation de l’une avec les autres n’a peut-être jamais été plus manifeste qu’ici. C’est que, moins sinueux que la Femme infidèle ou Juste avant la nuit, le film est plus proche de la nouvelle que du roman, de Maupassant que de Flaubert. La linéarité de l’intrigue touche à l’épure, le trait de burin est d’une netteté sans égale dans la peinture d’une petite bourgeoisie désespérément conventionnelle, située avec précision dans son décor et ses habitudes, cependant que Chabrol joue plus effrontément la carte de la trivialité et du grotesque : il faut voir Piccoli laper à grand bruit sa soupe arrosée de gros rouge, Stéphane Audran glousser et sangloter sans retenue, les deux amants se jeter l’un sur l’autre en poussant des grognements de bête. Dans le rôle du mari cocu, Claude Piéplu fait une composition grandiose en député-maire de droite magouilleur, et sa grande scène sur la lande vaut à elle seule le prix du billet. Au rayon des finesses, Chabrol s’amuse à filmer littéralement des locutions verbales : Piccoli et Audran illustrent à la lettre l’expression populaire se manger = faire l’amour (d’ailleurs le reste du temps ils se dévorent des yeux) ; Piccoli se regarde dans le miroir avant d’empoisonner sa femme asthénique et grabataire, son crime est donc réfléchi (le plan est superbe). Et la désarmante réplique finale dit d’un mot l’ahurissante médiocrité de cet adultère de province. Maupassant, vous dis-je.
Thierry Horguelin - Journal de l'Ecran Total
Thierry Horguelin - Journal de l'Ecran Total
DavidH