Les Noces rouges

Origine:
  • France
Genre:
  • Drame
Public: Tout public
Année de production: 1973
Durée: 1h40
Synopsis : Chronique provinciale d’une passion sexuelle sur fond d’arrivisme politique, Les Noces rouges est le dernier volet de la période dite pompidolienne de son auteur - et une excellente porte d’entrée dans son oeuvre. Fasciné depuis toujours par la bêtise, Chabrol est également hanté par la folie ordinaire et la banalité du crime, et l’articulation de l’une avec les autres n’a peut-être jamais été plus manifeste qu’ici. C’est que, moins sinueux que la Femme infidèle ou Juste avant la nuit, le film est plus proche de la nouvelle que du roman, de Maupassant que de Flaubert. La linéarité de l’intrigue touche à l’épure, le trait de burin est d’une netteté sans égale dans la peinture d’une petite bourgeoisie désespérément conventionnelle, située avec précision dans son décor et ses habitudes, cependant que Chabrol joue plus effrontément la carte de la trivialité et du grotesque : il faut voir Piccoli laper à grand bruit sa soupe arrosée de gros rouge, Stéphane Audran glousser et sangloter sans retenue, les deux amants se jeter l’un sur l’autre en poussant des grognements de bête. Dans le rôle du mari cocu, Claude Piéplu fait une composition grandiose en député-maire de droite magouilleur, et sa grande scène sur la lande vaut à elle seule le prix du billet. Au rayon des finesses, Chabrol s’amuse à filmer littéralement des locutions verbales : Piccoli et Audran illustrent à la lettre l’expression populaire se manger = faire l’amour (d’ailleurs le reste du temps ils se dévorent des yeux) ; Piccoli se regarde dans le miroir avant d’empoisonner sa femme asthénique et grabataire, son crime est donc réfléchi (le plan est superbe). Et la désarmante réplique finale dit d’un mot l’ahurissante médiocrité de cet adultère de province. Maupassant, vous dis-je.

Thierry Horguelin - Journal de l'Ecran Total
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Avis des internautesdu film Les Noces rouges

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  • 1
Publié le 5 février 2006
Un fait d'adultère repris par Chabrol. Efficace. S'inspirant de faits authentiques, Claude Chabrol s'attarde une nouvelle fois sur l'adultère, en intégrant toutefois les personnages initiaux dans le milieu notable. Dans une ville d'Indre en fait, Pierre, politicien, (Michel Piccoli) et Lucienne (Stéphane Audran), bourgeoise, entretiennent une liaison secrète. L'un est blasé par l'état maladif chronique de sa femme - la regrettée Clotilde Joano - l'autre, est l'épouse du maire (Claude Piéplu), plus préoccupé par ses citoyens que par sa vie familiale. Nous sommes encore à une époque où rappelons-le, le divorce est mal perçu, et peu d'alternatives s'offrent à nos deux amants pour vivre une relation normale. On se donne rendez-vous dans les bois, on fricote dans les musées, la nuit. Un jeu dangereux, ne pouvant durer éternellement... L'ambiance du film, par ses décors et sa musique, est lugubre et typiquement ‘Chabrolienne'. Toutefois, la technique du flash-back est ici souvent employée, - 4 ans après ‘Les choses de la vie' pour Piccoli'... -, demandant un travail extrêmement minutieux. Nous avons le plaisir de retrouver Piéplu, cet orateur prolixe, dans un rôle majeur. Quant à nos deux tourtereaux, nous partageons pleinement leur passion, au prix même de scènes langoureuses, et pénibles parfois. On pourrait par ailleurs reprocher certaines scènes mal filmées et quelques petites lenteurs. Le réalisateur ne bénéficiant pas, visiblement, d'un budget mirobolant. Mais ‘Les noces rouges', teinté d'une fine psychologie, reste un bon Chabrol...
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