DavidH

DavidH
  • Ville : Montigny-Le-Tilleul
  • Membre depuis le 19/04/2006
  • Nombre de critiques : 72
Publié le 18 mars 2007
Amateurs d’étalons, mais surtout de beau cinéma, ce film vous est destiné. Réalisatrice du moyennement marquant ‘Mariages!’ il y a trois ans, Valérie Guignabodet a cette fois eu l’excellente idée de rappeler le toujours élégant Sami Frey, une figure discrète mais ô combien emblématique de l’histoire du cinéma français. Les puristes se souviendront notamment de ses prestations marquantes dans ‘La vérité’ de Henri-Georges Clouzot ou dans ‘César et Rosalie’, de Claude Sautet. Septuagénaire très en forme, l’acteur campe ici un rôle de dresseur pittoresque et troublant, qui lui sied à merveille. Dans son immense fief, il accueille par hasard une ex-cavalière, qui faillit laisser sa vie lors d’une chute de cheval. Une jeune femme devant reprendre confiance en elle, et briser un destin malheureux à plus d’un titre. Mathilde Seigner s’y emploie à merveille, prouvant qu’on peut également lui attribuer des rôles sérieux. Véritable hommage aux cheveaux, ‘Danse avec lui’ prend carrément des allures de documentaire. Si certaines scènes sidérantes de vérité égayeront les puristes, elles écarquilleront les yeux de bien des néophytes. Interprété dans un cadre naturel mais restreint, la prestation des acteurs est ainsi confortablement mise en valeur. On n’oubliera pas le méconnu mais surprenant Jean-François Pignon, et l’on se réjouiera de retrouver des seconds rôles comme Anny Duperey ou Anthony Delon. Ailleurs que dans des sagas estivales, c’est effectivement soulageant. Teinté d’une psychologie fine et basé sur de relations ambiguës, il s’agit assurément là d’un film très utile au cinéma français. A voir donc.

Publié le 16 mars 2007
Assurément, le filon reconstitutionnel des fifties ou des sixties semble avoir la cote ces derniers temps. Dépourvu du moindre anachronisme (c’est rare), Michou d’Auber, sans être le chef-d’oeuvre de l’année, reste un très joli film familial à multithèmes. Particulièrement fidèle, ce retour historique rappelle une période majeure de la nation française, qui était sur le point de «lâcher» l’Algérie. Thomas Gilou (La vérité si je Mens 1 et 2), pas toujours aimable en interview certes, s’est tout de même montré très inspiré en réunissant Gérard Depardieu et Nathalie Baye. D’accord, la soixantaine demeurant proche pour ces deux monstres sacrés, on s’étonne de voir débarquer chez eux une petite tête blonde – c’est le cas de le dire, car c’est en fait un pied noir –, qu’ils choisissent d’adopter. Mais le coup de cœur revient à Mathieu Almaric, parfait dans son second rôle d’instituteur. Bien plus esthétique que n’importe quel téléfilm – les apparences sont parfois trompeuses -, cette fiction sentimentale se révèle fort agréable à yeuter entre deux grosses productions américaines, voire qui sait, au terme d’une journée éreintante. Il a en outre la qualité d’oublier sexe et violence, et d’être ainsi destiné des 7 à 77 ans, ce qui est devenu une denrée rare de nos jours sur les toiles. Avis donc aux nostalgiques et aux cœurs tendres, moins pour ceux qui ont du mal à écouter chanter Bourvil…

Publié le 25 février 2007
Dire que certains osent prétendre que Taxi s’apparente à une version moderne des Gendarmes. Ce serait là omettre deux différences, et de taille: l’humour potache et de bas étage d’abord, mais surtout, pour ce quatrième opus, la calamiteuse prestation des acteurs. Est-ce donc pour cela que l’on a envoyé Sami Nacery en prison? Bernard Farcy était-il bien le même acteur qui avait interprêté si brillamment le Général de Gaulle? Frédéric Diefenthal ne ferait-il pas mieux de ne se consacrer qu’exclusivement au petit écran ? Pourquoi Emma Sjöberg ne tourne rien d’autre hormis Taxi ? Djibril Cissé était-il au courant qu’il tournait un long métrage et non une pub pour Cracotte? Quant à l’utilisation des deux acteurs belges, mieux vaut ne même pas faire de commentaires. Une chose est sûre, Marion Cotillard ne doit pas regretter d’avoir dû décliner l’offre à cause du tournage de La Môme, car cet épisode de Taxi n’est qu’une ennième bouffonerie commerciale. Valant à peine trois sourires dans une salle comble. Un film qui doit son existence grâce à la vingtaine de millions de spectateurs des trois premiers épisodes et de la notoriété (?) de la bande à Besson. Un véritable bâclage, carrément méprisable envers la cible principale, les jeunes ados. De grâce, cette fois, arrêtez-vous là!

Publié le 17 février 2007
On craignait une once de déception. Enième biographie d’un mythe et battage médiatique agaçant, l’entrée dans la salle s’accompagnait d’un scepticisme presque naturel. Fort heureusement, celui-ci a vite valsé. Grâce à une réalisation esthétique et originale, Olivier Dahan, cet inconnu du grand public, a effectivement réussi son ambitieux pari. Plus encore que Claude Lelouch, qui dans la même lignée, avait signé le convaincant ‘Edith et Marcel’ en 1983. Mais Dahan, concédons-le, bénéficiait de moyens financiers à la hauteur des enjeux, la chaîne TF1 étant de la partie. Œuvre historique, émouvante et nostalgique, il faudrait être sacrément exigeant pour ne pas succomber au charme de ce film qui fera date dans le cinéma français. Grâce aussi, à l’impressionnante orchéstration musicale. Magistrale, l’ex-discrète Marion Cotillard est donc parvenue à ressusciter Piaf. Son personnage écrase presque le reste d’un casting pourtant à la hauteur. On ne pourra d’ailleurs reprocher à Gérard Depardieu de s’y être perdu. Enfin, la perfection de l’ensemble et la charge émotionnelle permanente nous fait même omettre un montage parfois contestable – seul reproche possible au film. ‘Non, je ne regrette rien’, disait la môme. Eh bien assurément, nous non plus!

Publié le 10 février 2007
Curieusement, moins d’un quart de siècle après sa sortie, on constate que la plupart des intervenants de Garçon! (1983) ne sont déjà plus parmi nous. A savoir, son réalisateur Claude Sautet, et ses acteurs, Yves Montand, Jacques Villeret, Bernard Fresson, Yves Robert, Dominique Laffin , Hubert Deschamps et Henri Gènes. Sans parler que la sclérose en plaque qui touche toujours Marie Dubois se développa durant ce tournage maudit. Mais heureusement, outre la poisse qui a touché ce film, on garde un agréable souvenir de ce Sautet bon cru. Certes, on sent comme un léger essoufflement (Sautet n’allait plus tourner pendant cinq ans ensuite) dans cette manière de réaliser à laquelle il nous avait habitué, depuis 1970 et ‘Les Choses de la vie’. Et poursuivie par plusieurs film majeurs dans sa carrière: ‘Max et les ferrailleurs’ (1971), ‘César et Rosalie’ (1972), ‘Vincent, François, Paul et les Autres’ (1974), ‘Mado’ (1976), ‘Une histoire simple’ (1978) et ‘Un mauvais fils’ (1980). Sans pareil pour filmer la vie des gens de manière simple et documentée, tout en y amenant un scénario solide, Sautet parvient à bousculer nos points de vue, nos émotions même. Aspect relationnel du travail, plaisir et difficultés d’un couple, amitié et inimitié, l’espoir et la comédie se mêlent étroitement et judicieusement au drame. Heurtant. Le large casting – vu que personne ne refusait de tourner avec Sautet - n’avait plus qu’à faire le reste. L’ensemble du film tourne autour d’un Montand, serveur pour l’occasion et fidèle à lui-même, personnage sûr de lui, adorable mais individualiste et infidèle. L’ensemble se suit plutôt agréablement, malgré cette impression de manque persistant. Peut-être à cause de détails futiles, après tout. Parce que Nicole Garcia (en dépit de son charme certain) n’est pas Romy Schneider, voire parce que la musique de Sarde manque pour une fois de saveur. Mais on se rassure: les bars vitrés avec la fumée de cigarette ambiante (dont s’est inspirée le ministère de la santé pour sa dernière campagne publicitaire) sont toujours bel et bien présents. L’honneur est plus que sauf!

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