Dirtyaudience
- Ville : Bruxelles
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- Nombre de critiques : 17
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Publié le 14 mai 2007
Y’a arnaque sur la marchandise.
Rappel des faits. Lors d’une soirée de bière, pétard et “Exploitation movie” à se dévisser la tête. Quentin qui n’est jamais le dernier pour se préparer des 15 feuilles : “Et siiiii, heu, on en faisait, nous, un double programme… Tu sais, je pense qu’on n’est pas les seuls à aimer se gratter les valseuses, une bière à la main en se cramant les neurones à la Marocaine et aux films de meufs en prison… Ou aut’chose d’aussi cool, genre, les films de gonzesses qui mettent leur mère à des gros rednecks avec des bagnoles d’enfer…ou…”. “Wep trop coool…” Répondit Roberto.
Et c’est là que ça commence à déconner. Alors que Roberto, qu’est pas un gars méchant au demeurant ; plutôt le gars qu’est toujours dispo. Pas bourré de talent jusqu’à la gueule, pas qui se la pète à vouloir jouer dans la cour des grands, pas à chercher à être sur la photo. Non, Roberto, c’est un gars qu’aime bien mettre la main dans le cambouis tout s’en roulant des sévères de l’autre. Le gars qu’a plus de volonté que tout un bus de cheerleader, la veille du Superbowl : “qu’on s’est rasé le maillot, passke la télé, ça rate rien, alors autant avoir l’aire d’une vraie jeune fille”. Non, Roberto, il veut toujours tout faire. Sur le tournage, il est réalisateur, monteur, compositeur de la musique, du design des tee-shirt trop petit des figurantes, auteur de la blague du jour et vu qu’il a toujours du temps, c’est lui qui prépare le Chili : “passke y pas de raison que quelqu'un d’autre s’en charge, d’façon y que moi qui sais préparer le Chili”.
Délimitation des règles du jeu.
2 métrages. Chacun 60 minutes, donnant l’impression que les films ont été amputés afin de rentrer dans format “double programme”. Insertion de bande annonces. Habillage à “l’Ancienne”.
Donc le matin même qui suivi la biture de Quentin et Roberto, Celui que l’on surnomme le “The Bad Mexican Mothafucka’”, s’était déjà mis au boulot. Nous pondant une histoire lorgnant vers “le Retour des Mort-Vivants” les films d’apocalypse ritals, la musique à la Carpenter, le gore à la Fulci et biensûr la “Bad Mothafucka Mexican Touch” . Planet Terror.
Le résultat est burné et mal élevé. Convaincant. Alors, que l’on nous prévient qu’une bobine a disparu, le métrage se permet un petit une heure trente, vire dans le GNIQ* jouissif et se conclut par une scène superflue comme si, finalement comme dirait Rocco Siffredi à la jeune mariée: “y’m’en reste encore un peu, je vous le mets quand même ?”. Scène Additionnelle, semblant rajoutée par un producteur vénal et qui n’est qu’une astuce supplémentaire de Rodriguez ; heureux de nous montrer la maîtrise totale de son sujet.
S’en suivent trois trailer dont on espère, un Grindhouse 2 et 3. – “Oui d’accord, mais si y’a trois trailer, tu sais pas faire deux autres Grindhouse… Ben oui, ch’uis pas conne, il en manque un pour faire quatre et donc deux…”– “Hooooo, calme-toi folle jument, va voir Grindhouse “1” et tu comprendras.”
Voilà pour ce que certains appellent déjà l’amuse gueule, ne jurant que sur le film de Tarantino, alors qu’à ce stade-ci peu de personnes peuvent se vanter de l’avoir vu. A priori, je fais le malin, mais le “Grindhouse” dont je me permets la chronique, a peu de chance de sortir sur les écrans européens dans l’état dans lequel je l’ai visionné et cela nécessite un deuxième rappel des faits.
Deuxième rappel des faits.
Comme précisé par Quentin qui n’est jamais le dernier pour se concocter des 6 feuilles aromatisé au Jack’ : “Et siiiii, heu, on en faisait, nous, un double programme… Tu sais, je pense qu’on n’est pas les seuls à aimer se gratter les valseuses, une bière à la main en se cramant les neurones à la Népalaise…”.
L’idée de Grindhouse était un double programme à l’ancienne – faut suivre – poussant ainsi encore plus loin l’idée de cinéma extrême et/ou de seconde zone, thématique absolue de Tarantino et catégorie dans laquelle Rodriguez a décidé de combattre quitte à y perdre quelques côtes flottantes – ce qui à en croire Marilyn Manson n’a pas que des inconvénients, Roberto celui-ci restant un poids plume.
Or, le bouchon ayant été poussé un peu trop loin – soit jusqu’au “Burnet road Drive-in – Austin Texas”, lieu choisi par Rodriguez & Tarantino pour la première mondiale – le public n’a que peu suivi le “super top délire”.
Public, jugeant que “Poussin, 197 minutes au cinoche, c’est un peu long… Ben oui ç’est comme t’avais 5 épisodes de “Desperate Housewifes” dans la même soirée, et moi avec le litre de Sprite® Light que j’ai bu, je vais devoir aller aux toilettes toute les vingt minutes. Déjà qu’avec toute la glace au yaourt allégé que je me suis enfilé, je vais devoir aller me faire vomir au moins 3 fois. Non, franchement poussin,on peut pas rester à la maison en amoureux ?…”.
Le public peu présent, donc, les producteurs paniquèrent et prirent la décision artistique et morale de “permettre au film de trouver son public et au public d’apprécier le cinéma indépendant” en présentant Grindhouse en deux partie. – Ben oui d’accord comme dans kill bill 1 & 2, tu vois...– Sauf que la volonté n’est pas la même, l’idée d’une suite et d’un U-turn afin de briser la continuité de l’histoire de kill bill avait été pensé comme tel. Alors qu’ici le tout à été pensé comme un double programme – J’ai l’impression de me répéter.
Énième digression.
Alors que le film d’origine se voit coupé en deux, Cannes s’intéresse au film de Quentin. Cannes, festival somme toute prestigieux, mais qui ne saurait s’encombrer d’un film bâtard et un peu dégeu sur les bords. Surtout si celui-ci a déjà été présenté mondialement peu avant le festival. Quentin, qui fait partie de la grande famille du festival, un habitué, ayant présenté ses films dans des catégories diverses, qui garantie une montée des marches de stars, qui a gagné la palme d’or, qui fait parlé de lui en tant que cinéaste indépendant et président a joué le rôle qu’on lui a demandé de jouer, soit mettre un peu de piquant dans un festival prestigieux… Festival prestigieux, oui, oui, mais un peu grabataire aux entournures. Voilà donc le film de Quentin présenté à Cannes en avant-première et qui aux dernières nouvelles sera présenté avec un autre montage, plus indépendant de l’idée d’un double programme.
Le film de Tarantino. Donc.
Au lendemain de leur biture, il semble que Quentin s’est réveillé avec, certes un envie de faire caca, le mélange Chili, Népalaise, et bière tiède ayant raison de son gros colon, mais surtout réveillé avec la drôle d’impression d’avoir été un peu trop loin. C’est vrai quoi, Quentin c’est un cinéaste, un vrai, un gars qu’aime sa bad-boy-attitude, mais qui sait que ses films sont joués dans les musées du cinéma du monde entier. Quentin, y peut pas faire n’importe quoi. Quentin c’est un Auteur.
Et le voilà qui cherche. C’est que son film, c’est le deuxième programme. Y doit y’avoir un choc, il ne boxe pas dans la même catégorie que Rodriguez, ce n’est pas lui qui le dit, c’est les critiques. Le truc de zombie, le truc sympa, c’est sympa, mais ça doit rester de l’amuse-gueule.
Alors, le film, c’est plus trop de l’Exploitation Movie. C’est du Tarantino. En résumé c’est : Des filles, dans un bar. Un mec Old School qui fait de la route, Une auto-stoppeuse et de la bagnole. Tout ce qui rend heureux. Sauf que c’est encore autre chose. Découpé en trois séquences, le bar, le final et l’origine ; le film s’éloigne de l’exploitation pure pour développer un grand cri d’amour à ces filles qui aiment les bagnoles, les bars et être entre elles. Et vu que c’est du Tarantino, ça discute, un peu comme dans “Beignets de tomates vertes” mais en abordant des sujets essentiels comme l’envie de porter un flingue, les rodéos automobiles ou la vénération portée à la Dodge Challenger 1970 de “Vanishing point”. Entre elles. Death Proof.
Entre elles. Jusqu’à ce qu’intervienne le Male. Individu ayant les mêmes préoccupations de ces demoiselles, la classe en moins. Un peu comme ces beaufs qui vénère un Tarantino revendiquant son amour pour la contre-sous-culture tout en précisant que lui c’est différent, il n’a plus grand chose à voir avec tous ces beaufs justement. Le Male entre dans le champ et se répand ; voilà un type à l’ancienne, attachant et un peu lourd. Un type qu’on apprécie dans les films, pour son côté Old school, poutre apparente, survivant d’une époque révolue. Le dernier homme debout. Ce même homme qui d’icône, à l’écran, devient le gros con à éviter dans la vraie vie, “le manque de manières, je veux bien, ça donne du piquant à l’histoire, mais il va me faire le plaisir d’enlever ces bottes avant d’entrer et de pas me saloper mon plancher en chêne brut… Parce que le brut, c’est bien beau mais c’est difficile à entretenir.
Le Male dérape alors. Seul dans un univers qui n’est plus fait pour lui, ou ses blagues ne font plus rire ces demoiselles et où ses plans dragues se font de plus en plus foireux. Finie l’époque où il emballait sec. Maintenant ces donzelles, elles tentent de jouer d’égal à égal. Alors, il tente aussi de jouer d’égal à égal et rate encore son coup. Trop lourd et trop fort ; le jeu n’est plus un jeu. L’ours restera ours et n’aura jamais les manières pour jouer avec une chatte.
Avec le deuxième métrage, Quentin expose toute la dualité de son cinéma. Dualité de ce qu’il veut faire et de ce qu’on attend de lui. Dualité encore de ce qu’il fait et de comment le public le reçoit. Dualité enfin de cette volonté de faire du cinéma populaire qui n’intéresse plus le public auquel il s’adresse et de faire du cinéma d’auteur qui plait aux critiques qui n’y verront qu’une bête curieuse, acceptée mais surtout cataloguée comme tel, bête curieuse vouant un culte à un tout un univers auquel ils ne s’intéresseront jamais.
Alors que Grindhouse devait être le film le plus fendart de l’année, ce truc à la fois hype, extrême et populaire. Voilà film planté, démembré , malade et embaumé pour une tout autre gloire. Un film d’un public absent à vouloir créer un culte instantané. Film culte à l’attention de Roberto et Quentin qui lors d’une soirée de bière, pétards et “Exploitation movie” à se dévisser la tête…
*GNIQ : Grand N’Importe Quoi
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Publié le 14 mai 2007
Lee Tamahori est un chouette type. Pas que sa carrière soit remarquable, mais voilà un type qui passe aussi du temps habillé en femme sur Hollywood Blvd. Et d’emblé un homme qui s’habille en femme sur Hollywood Blvd ne peut pas être totalement mauvais. Et Next n’est pas totalement mauvais. Pas bon mais pas totalement mauvais.
J’explique : Cadillac est un magicien de seconde zone qui a le don de voir le future.
Futur limité à lui-même et sur une avance de deux minutes. Deux minutes, ce qui n’as que peu d’intérêt, si ce n’est échappé à la police. Don, que Lee Tamahori aurait aimé avoir sur Hollywood Blvd. Tant, l’idée de s’habiller en femme n’est pas aisée quand on est homme mais surtout qui n’est pas aisé quand on est un homme un peu célèbre.
Next est le énième film à paradoxe temporel écrit par Philip K Dick. “Dick” qui semble – à la fois – maudit à ne jamais être correctement adapté à l’écran et celui d’être mal adapté par un homme qui s’habille en femme qui revient aux affire, prenant Dick pour ce qui caractérise platement un homme même habillé en femme. Dick.
Next est aussi le énième film à défi capillaire de Nicolas Cage. Perruque Bouclé. Qui, donc ici, définit ce qui caractérise platement une femme quand un homme désire s’habiller en femme.
Pour le reste, Next est le énième film pas assez starisé pour débloquer un budget de Blockbuster. Les deux scènes d’action sentent l’amateurisme de la deuxième équipe. Entre les deux scènes, le film se traîne, les acteurs froncent les sourcils parce qu’on est dans un film de science fiction, la potiche se balade en slip et Julianne Moore, dans un désir de ne pas être pris pour l’autre potiche – celle un peu plus vieille et moins en slip – Julianne Moore porte la casquette et marche comme un cow-boy. Aussi convaincante qu’un homme n’ayant qu’une perruque pour s’habiller en femme.
Next est un film involontairement bizarre et queer, cela n’en fait pas un bon film mais juste un film bizarre et queer, involontairement, un peu comme une perruque de Nicolas Cage plutôt que comme un homme habillé en femme.
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Publié le 14 mai 2007
Quand un film évoque la période des glorieuses, ce que je rappelle, est cette période située entre 1978 et 1987 ; soit la bande-annonce de “Piranha” de Joe Dante, présenté par Remo Forlani sur Télé Luxembourg et “L’arme Fatale” de Richard Donner, diffusé en français au Marivaux lors de la première “journée du cinéma” en Belgique, 5 francs le film.
Cette période où le cinéma, pour moi, était vu à la télé et en français. Époque bénie, où je découvris une majorité de films qui d’emblé furent inoubliables : “Flic ou Voyou, Portés Disparus, American Ninja, Le Professionnel, Reno. Armé et Dangereux, Dans la Peau d’un Flic, Dressé pour tuer, Le Marginale, Deux Super Flics à Miami, …”. Films, qui malgré leur qualité toute relative après quelques années d’hibernation, restent des mètres étalons, des références ultimes pour les films qui les succédèrent dans la catégorie des films “du samedi soir”. Quand un film évoque donc, cette époque, celui-ci se retrouve dans une position délicate qui le rend à la fois le immédiatement sympathique mais qui le place très haut dans les attentes.
Le Professionnel. Voilà un film qui reste une de mes références. Suivront une multitude de films de baroudeur, tireur d’élite, mercenaires, tous seront comparés au “Professionnel”.
Je pense avoir 10 ans quand je vois pour la première fois sur un drap beige, au fin fond d’un camping, au fin fond de l’Ardèche, ce qui restera un sommet du cinéma. Tant ce film reste définitif. L’intro africaine, la scène chez l’ami-traître collectionneur de robots, la scène finale de l’hélico, le thème musical d’Ennio Morricone et enfin Jean-Paul Belmondo. Belmondo est au meilleur de sa forme, le nec le plus ultra pour l’homme moderne franco-belge, initiant à une majorité d’hommes se situant entre 25 et 50 ans, à la mode masculine et au look ultime de l’homme qui sent l’homme, qui n’a peur de rien et qui à défaut de devenir un flic en civil deviendra contrôleur des transport en civil. Les Cow-boys. Un look basé un accessoire indispensable, la veste en cuir bouffante, ce qui facilite le rangement discret du magnum python ou à défaut le bide quand on est contrôleur des transports.
Par la suite, je revis “Le Professionnel” par épisodes lors d’une de ses nombreuses rediffusions de l’une ou l’autre soirée de “deux films, sinon rien.”, fût surpris par de nombreux détails nouveaux ou changés, tels que le fait que Belmondo ne ressemblait pas tant que ça à mon père, que la musique me faisait dorénavant plus penser à de la pâtée pour chien qu’à Belmondo et donc à mon père ou que les cascades dans les films français paraissent plus molles que les cacades américaines.
Au-delà de l’anecdote, “Le professionnel” développa ma passion pour un cinéma burné fait d’homme dans un univers d’homme. Où la présence d’une femme n’est que peu souhaitée, si ce n’est pour mourir à la fin de la première bobine ou être malmené et peu vêtue lors des temps morts, où un homme ne voyage pas sans son flingue ; où il est le bienvenu de terminer un carnage par un bon mot, une grosse vanne. Développa aussi cette idée que les mercenaires, baroudeurs, tireurs d’élite ne pouvaient pas être totalement mauvais. Avant tout des hommes trahis et obligé de se défendre en faisant ce qui savaient faire de mieux. Tuer. Tant d’idées dont on me fit comprendre la teneur relativement réac – soit vers l’âge de 14 ans, quand il fut de bon ton de me transmettre une vraie indépendance d’esprit. Les Américains étaient les méchants, Rocky et Rambo étaient des films de propagande à la gloire du capitalisme. Et “être de droite” était un gros mot – Tant d’idées, relativement réacs que j’appris par la suite, ne sont admises qu’au cinéma et pas dans la vraie vie.
Tout ça pour en arriver à “Shooter” ?
“Shooter” fleure bon cette période, donc. Voilà un film élevé à la fonte. Un métrage façon “Guerre froide”. Un grand film en VHS.
Mark Walhberg est Jean-Paul Belmondo. Alors que celui-ci coule des jours heureux à la montagne, à tirer à la carabine sur des boîtes en conserves, à apprend à son chien à aller chercher de la bière au frigo et à déceler des conspirations dans les journaux ; voilà qu’on vient réveiller sa fibre patriotique. Le président est menacé, et vu que le président n’est pas joué par Harrison Ford et Jack Bauer à autre chose à foutre ; voilà donc notre bon Jean-Paul de retour aux affaires.
Mais ce serait trop facile. D’emblé le scénario ou cahier des charges prend le contre pied de se qu’on attend. Ce qui peu sembler à la fois audacieux et totalement crétin vu que pour ce genre de production, il est nécessaire de respecter les figures imposées. Enumérations : Alors qu’il nous avait habitué à être du coté des vieux gentils, voilà que Danny Glover s’avère être un vrai méchant. Alors que la potiche de service, Kate Mara, nous offre un premier plan “Pyjama-trop-léger-jeune-fille-frileuse-tétons-peu-farouches” assorti aux caractéristiques “Rousse-peau-claire-poitrine-honorable-tétons-foncés” ; alors que l’on présageait d’un beau frontal, l’érotisme de rigueur reste timide. Alors que le Sidekick est joué par un parfait inconnu et mérite donc d’être éliminé sans aucune précaution, voilà un second rôle qui sera épargné et accompagné de sa potiche personnelle. Alors que l’on aurait aimer voire la présence de Ned Beatty agrémenter de l’une ou l’autre allusion à son rôle de cochon improvisé dans “Délivrance” ; celui joue les monstres de fin de stage sudiste avec tout le talent que l’on attend pour le rôle d’une gros redneck. Soit gros et redneck.
En proposant à la fois une bonne série B tout en caviardant de petites pépites bien rustiques, fait sans aucun cynisme trop fier envers le genre. En secouant la donne. “Shooter” devient, à défaut d’un nouveau mètre étalon, un film rentrant dans la catégorie des films “franchement, ch’ai pas. Y’a aucune nouveauté qui m’tente… Je me rematerais bien “Shooter”, t’sais le film avec Mark Walberg et la petite rousse à beaux seins…”. Et ça, ça en fais déjà un bon film.
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Publié le 14 mai 2007
Y’a arnaque sur la marchandise.
Rappel des faits. Lors d’une soirée de bière, pétard et “Exploitation movie” à se dévisser la tête. Quentin qui n’est jamais le dernier pour se préparer des 15 feuilles : “Et siiiii, heu, on en faisait, nous, un double programme… Tu sais, je pense qu’on n’est pas les seuls à aimer se gratter les valseuses, une bière à la main en se cramant les neurones à la Marocaine et aux films de meufs en prison… Ou aut’chose d’aussi cool, genre, les films de gonzesses qui mettent leur mère à des gros rednecks avec des bagnoles d’enfer…ou…”. “Wep trop coool…” Répondit Roberto.
Et c’est là que ça commence à déconner. Alors que Roberto, qu’est pas un gars méchant au demeurant ; plutôt le gars qu’est toujours dispo. Pas bourré de talent jusqu’à la gueule, pas qui se la pète à vouloir jouer dans la cour des grands, pas à chercher à être sur la photo. Non, Roberto, c’est un gars qu’aime bien mettre la main dans le cambouis tout s’en roulant des sévères de l’autre. Le gars qu’a plus de volonté que tout un bus de cheerleader, la veille du Superbowl : “qu’on s’est rasé le maillot, passke la télé, ça rate rien, alors autant avoir l’aire d’une vraie jeune fille”. Non, Roberto, il veut toujours tout faire. Sur le tournage, il est réalisateur, monteur, compositeur de la musique, du design des tee-shirt trop petit des figurantes, auteur de la blague du jour et vu qu’il a toujours du temps, c’est lui qui prépare le Chili : “passke y pas de raison que quelqu'un d’autre s’en charge, d’façon y que moi qui sais préparer le Chili”.
Délimitation des règles du jeu.
2 métrages. Chacun 60 minutes, donnant l’impression que les films ont été amputés afin de rentrer dans format “double programme”. Insertion de bande annonces. Habillage à “l’Ancienne”.
Donc le matin même qui suivi la biture de Quentin et Roberto, Celui que l’on surnomme le “The Bad Mexican Mothafucka’”, s’était déjà mis au boulot. Nous pondant une histoire lorgnant vers “le Retour des Mort-Vivants” les films d’apocalypse ritals, la musique à la Carpenter, le gore à la Fulci et biensûr la “Bad Mothafucka Mexican Touch” . Planet Terror.
Le résultat est burné et mal élevé. Convaincant. Alors, que l’on nous prévient qu’une bobine a disparu, le métrage se permet un petit une heure trente, vire dans le GNIQ* jouissif et se conclut par une scène superflue comme si, finalement comme dirait Rocco Siffredi à la jeune mariée: “y’m’en reste encore un peu, je vous le mets quand même ?”. Scène Additionnelle, semblant rajoutée par un producteur vénal et qui n’est qu’une astuce supplémentaire de Rodriguez ; heureux de nous montrer la maîtrise totale de son sujet.
S’en suivent trois trailer dont on espère, un Grindhouse 2 et 3. – “Oui d’accord, mais si y’a trois trailer, tu sais pas faire deux autres Grindhouse… Ben oui, ch’uis pas conne, il en manque un pour faire quatre et donc deux…”– “Hooooo, calme-toi folle jument, va voir Grindhouse “1” et tu comprendras.”
Voilà pour ce que certains appellent déjà l’amuse gueule, ne jurant que sur le film de Tarantino, alors qu’à ce stade-ci peu de personnes peuvent se vanter de l’avoir vu. A priori, je fais le malin, mais le “Grindhouse” dont je me permets la chronique, a peu de chance de sortir sur les écrans européens dans l’état dans lequel je l’ai visionné et cela nécessite un deuxième rappel des faits.
Deuxième rappel des faits.
Comme précisé par Quentin qui n’est jamais le dernier pour se concocter des 6 feuilles aromatisé au Jack’ : “Et siiiii, heu, on en faisait, nous, un double programme… Tu sais, je pense qu’on n’est pas les seuls à aimer se gratter les valseuses, une bière à la main en se cramant les neurones à la Népalaise…”.
L’idée de Grindhouse était un double programme à l’ancienne – faut suivre – poussant ainsi encore plus loin l’idée de cinéma extrême et/ou de seconde zone, thématique absolue de Tarantino et catégorie dans laquelle Rodriguez a décidé de combattre quitte à y perdre quelques côtes flottantes – ce qui à en croire Marilyn Manson n’a pas que des inconvénients, Roberto celui-ci restant un poids plume.
Or, le bouchon ayant été poussé un peu trop loin – soit jusqu’au “Burnet road Drive-in – Austin Texas”, lieu choisi par Rodriguez & Tarantino pour la première mondiale – le public n’a que peu suivi le “super top délire”.
Public, jugeant que “Poussin, 197 minutes au cinoche, c’est un peu long… Ben oui ç’est comme t’avais 5 épisodes de “Desperate Housewifes” dans la même soirée, et moi avec le litre de Sprite® Light que j’ai bu, je vais devoir aller aux toilettes toute les vingt minutes. Déjà qu’avec toute la glace au yaourt allégé que je me suis enfilé, je vais devoir aller me faire vomir au moins 3 fois. Non, franchement poussin,on peut pas rester à la maison en amoureux ?…”.
Le public peu présent, donc, les producteurs paniquèrent et prirent la décision artistique et morale de “permettre au film de trouver son public et au public d’apprécier le cinéma indépendant” en présentant Grindhouse en deux partie. – Ben oui d’accord comme dans kill bill 1 & 2, tu vois...– Sauf que la volonté n’est pas la même, l’idée d’une suite et d’un U-turn afin de briser la continuité de l’histoire de kill bill avait été pensé comme tel. Alors qu’ici le tout à été pensé comme un double programme – J’ai l’impression de me répéter.
Énième digression.
Alors que le film d’origine se voit coupé en deux, Cannes s’intéresse au film de Quentin. Cannes, festival somme toute prestigieux, mais qui ne saurait s’encombrer d’un film bâtard et un peu dégeu sur les bords. Surtout si celui-ci a déjà été présenté mondialement peu avant le festival. Quentin, qui fait partie de la grande famille du festival, un habitué, ayant présenté ses films dans des catégories diverses, qui garantie une montée des marches de stars, qui a gagné la palme d’or, qui fait parlé de lui en tant que cinéaste indépendant et président a joué le rôle qu’on lui a demandé de jouer, soit mettre un peu de piquant dans un festival prestigieux… Festival prestigieux, oui, oui, mais un peu grabataire aux entournures. Voilà donc le film de Quentin présenté à Cannes en avant-première et qui aux dernières nouvelles sera présenté avec un autre montage, plus indépendant de l’idée d’un double programme.
Le film de Tarantino. Donc.
Au lendemain de leur biture, il semble que Quentin s’est réveillé avec, certes un envie de faire caca, le mélange Chili, Népalaise, et bière tiède ayant raison de son gros colon, mais surtout réveillé avec la drôle d’impression d’avoir été un peu trop loin. C’est vrai quoi, Quentin c’est un cinéaste, un vrai, un gars qu’aime sa bad-boy-attitude, mais qui sait que ses films sont joués dans les musées du cinéma du monde entier. Quentin, y peut pas faire n’importe quoi. Quentin c’est un Auteur.
Et le voilà qui cherche. C’est que son film, c’est le deuxième programme. Y doit y’avoir un choc, il ne boxe pas dans la même catégorie que Rodriguez, ce n’est pas lui qui le dit, c’est les critiques. Le truc de zombie, le truc sympa, c’est sympa, mais ça doit rester de l’amuse-gueule.
Alors, le film, c’est plus trop de l’Exploitation Movie. C’est du Tarantino. En résumé c’est : Des filles, dans un bar. Un mec Old School qui fait de la route, Une auto-stoppeuse et de la bagnole. Tout ce qui rend heureux. Sauf que c’est encore autre chose. Découpé en trois séquences, le bar, le final et l’origine ; le film s’éloigne de l’exploitation pure pour développer un grand cri d’amour à ces filles qui aiment les bagnoles, les bars et être entre elles. Et vu que c’est du Tarantino, ça discute, un peu comme dans “Beignets de tomates vertes” mais en abordant des sujets essentiels comme l’envie de porter un flingue, les rodéos automobiles ou la vénération portée à la Dodge Challenger 1970 de “Vanishing point”. Entre elles. Death Proof.
Entre elles. Jusqu’à ce qu’intervienne le Male. Individu ayant les mêmes préoccupations de ces demoiselles, la classe en moins. Un peu comme ces beaufs qui vénère un Tarantino revendiquant son amour pour la contre-sous-culture tout en précisant que lui c’est différent, il n’a plus grand chose à voir avec tous ces beaufs justement. Le Male entre dans le champ et se répand ; voilà un type à l’ancienne, attachant et un peu lourd. Un type qu’on apprécie dans les films, pour son côté Old school, poutre apparente, survivant d’une époque révolue. Le dernier homme debout. Ce même homme qui d’icône, à l’écran, devient le gros con à éviter dans la vraie vie, “le manque de manières, je veux bien, ça donne du piquant à l’histoire, mais il va me faire le plaisir d’enlever ces bottes avant d’entrer et de pas me saloper mon plancher en chêne brut… Parce que le brut, c’est bien beau mais c’est difficile à entretenir.
Le Male dérape alors. Seul dans un univers qui n’est plus fait pour lui, ou ses blagues ne font plus rire ces demoiselles et où ses plans dragues se font de plus en plus foireux. Finie l’époque où il emballait sec. Maintenant ces donzelles, elles tentent de jouer d’égal à égal. Alors, il tente aussi de jouer d’égal à égal et rate encore son coup. Trop lourd et trop fort ; le jeu n’est plus un jeu. L’ours restera ours et n’aura jamais les manières pour jouer avec une chatte.
Avec le deuxième métrage, Quentin expose toute la dualité de son cinéma. Dualité de ce qu’il veut faire et de ce qu’on attend de lui. Dualité encore de ce qu’il fait et de comment le public le reçoit. Dualité enfin de cette volonté de faire du cinéma populaire qui n’intéresse plus le public auquel il s’adresse et de faire du cinéma d’auteur qui plait aux critiques qui n’y verront qu’une bête curieuse, acceptée mais surtout cataloguée comme tel, bête curieuse vouant un culte à un tout un univers auquel ils ne s’intéresseront jamais.
Alors que Grindhouse devait être le film le plus fendart de l’année, ce truc à la fois hype, extrême et populaire. Voilà film planté, démembré , malade et embaumé pour une tout autre gloire. Un film d’un public absent à vouloir créer un culte instantané. Film culte à l’attention de Roberto et Quentin qui lors d’une soirée de bière, pétards et “Exploitation movie” à se dévisser la tête…
*GNIQ : Grand N’Importe Quoi
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Publié le 12 mars 2007
Que pouvait-on attendre de “Contre-Enquête”?
L'anti-thèse des poses scarfaco-neuneu de “Truand” ?
Un vrai film noir plus hardboiled que “Ne le dis à personne” ?
Un truc moins ridiculo-twisteux que le “serpent” ?
Oui on pouvait attendre tout ça.
Tant le cinéma français annoncait une année polar et tant le cinéma français continuait à lorgner vers le ciné ricain qui fait ce qu'il a de pire mais en mieux.
Alors ici, pas d'effets gratuits, pas de style graphique épuisant, pas de gunfights peto-aériens, rien d'inutile. On fait dans le sobre, du réaliste, du contre emploi... sauf qu'à force de sobriété, on sombre dans un cinéma fade, paresseux dont l'approche scénaristique ressemble à “Elle n'oublient jamais” pour le retournement de situation à deux balles” et pour le style on se rapproche des “téléfilms policier de votre première partie de soirée”.
Et dire que c'est inspiré d'un “Lawrence block” créateur de Matt Scudder, un des représentant ultime du Privé alcoolo aux histoires noir de noir.
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