CINEPHIL1060

CINEPHIL1060
  • Ville : bruxelles
  • Membre depuis le 22/10/2008
  • Nombre de critiques : 3
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Publié le 11 novembre 2010
Pour être honnête, j’avais quelques craintes avant « Beyond the steppes ». Tout d’abord, parce que j’en ai marre du cinéma en général et du cinéma d’auteur en particulier. J’y vois toujours les mêmes choses : sujets, cadrages, BO... J’avais donc un peu peur de me retrouver une fois de plus, face à un de ces personnages/victimes dont le cinéma d’auteur à festivals raffole. De plus, le synopsis - une femme et son bébé envoyés en camp de travail pendant la seconde guerre mondiale - ne m’emballait guère... Bref, c’était pas gagné. Et pourtant… Mes craintes se sont dissipées dès l’ouverture du film qui nous jette violemment dans le récit. Sans chichis, ni chars d’assaut, une histoire simplissime commence. Une dramaturgie minimaliste qui pourrait tenir en une petite phrase : une femme et son enfant déportés doivent survivre dans les steppes. Cela pourrait être insuffisant mais c’était sans compter sur le souffle de la mise en scène qui explose littéralement dès les premières images ! En effet, on se trouve plongé dans une sorte de film de Zombies où des prisonniers déplacés au milieu de nulle part, marchent jusqu’au bout du monde. Là-bas, on les épuise à faire des travaux inutiles et l’un après l’autre, ils tombent, meurent… Arrive alors l’hiver glacé qui finit de rendre ces personnages fantomatiques, apparaissant et disparaissant dans d’immenses brouillards blancs. A ce propos, cette séquence extraordinaire où l’héroïne s’enfuie en courant à l’aveuglette dans l’épaisse brume. Épuisée, désespérée, elle finit sa course en s’agenouillant devant ce mur immaculé et infranchissable. C’est in-cro-ya-ble-ment beau, mais aussi très angoissant. Car les « Steppes », c’est un peu comme dans Alien : « personne ne vous entend crier ». Que dis je c’est encore pire que ça : on est enfermés dehors ! On y ressent aussi quelque chose d’extrêmement rare au cinéma : on y perd tout repère dans l’écran. Grâce à des inventions de montage incroyables, au choix des objectifs, aux échelles de plans, la réalisatrice brouille les pistes et nous perd dans l’image. Par exemple, quand les personnages entrent dans le champ, ils apparaissent comme des géants alors qu’on s’attendait à les voir minuscules. Et inversement. C’est très très bizarre. En fait, je crois que je n’avais jamais vu ça. L’autre grande force du film sont ses dialogues. Il n’y en a presque pas… Ce qui est évidemment très bon signe puisqu’on reste uniquement dans l’image c’est à dire du cinéma pur. Le meilleur qui soit. Du début à la fin, le film est tenu. Ce qui rare pour un premier film…. On sent que la réalisatrice sait exactement ce qu’elle veut, aussi déterminée que son personnage. Et ce jusqu’à cette fin géniale aussi bizarre que les destins de ces gens. Une fin étonnante, casse-gueule, loin des facilités, et totalement réussie. D’une pudeur inouïe et pourtant totalement dans l’émotion, les dernières minutes du film semblent durer une éternité comme tous les moments cruciaux d’une vie... Une fin ouverte, si riche de non dits et d’ellipses, qu’elle raconte presque un film en entier. Incroyable. Pour finir, un grand bravo à cette production belge qui a osé le pari fou d’aller filmer si loin… Voilà, vous l’aurez compris. Ce film m’a plus qu’emballé… Il me réconcilie avec la production actuelle. Il existe donc encore des gens qui font du cinéma.

Publié le 21 mars 2010
Très bonne surprise. "Blanc comme neige" est tout d'abord un polar très bien construit. On se laisse embarquer par un récit qui monte en puissance et nous plonge séquence après séquence dans une profonde angoisse. Les scènes d'action sont aussi très impressionnantes ( le passage en Norvège est vraiment réussi ). Mais sa force vient pour beaucoup par la qualité de ses interprètes. Quel casting : cluzet, gourmet, zaccai, bourgoin. Tous parfaits. Bref, je le conseille. C'est un très bon polar ! Après Ne le dis à personne, Le prophète, 36 quai des Orfèvres... le film noir à la française confirme son retour. Tant mieux !

Publié le 22 octobre 2008
J'ai vu le film en avant première à Paris. Je suis sorti de la salle le souffle coupé. Quel film ! Il y a très longtemps qu'un premier film (français de surcroît) ne m'avait pas autant emballé. Un réalisateur est né, ça c'est sûr ! Sa mise en scène est très moderne, très brute, très naturelle. Il existe des séquences visuellement in-cro-yables ! Je pense à l'arrivée des ouvriers de l'autoroute en pleine nuit : les couleurs, les fumées, le bruit assourdissant des machines... La mise en route très cinématographique de l'autoroute... La fin du film (que je ne vous raconterai pas) est éblouissante ! C'est exactement le genre de film qu'on a envie de revoir dès qu'on en est sorti. Un réalisateur à suivre absolument.
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