Les falafels sont des boulettes frites de pois chiches et de fèves. Elles constituent l'un des fleurons de la cuisine moyen-orientale populaire. Si leur recette varie quelque peu en fonction des régions - on en trouve surtout au Liban, en Israël et en Turquie... -, elles font partie de ces petites choses que partagent des peuples, même s'ils sont en conflit...
Le Falafel du réalisateur libanais Michel Kamoun évoque l'expérience que vit un jeune homme qui s'efforce de vivre de la manière la plus optimiste possible dans le Beyrouth d'aujourd'hui. On conviendra que la démarche n'a rien d'évident dans une ville déchirée par vingt années de guerre permanente en dépit des tentatives de pacification. L'odyssée du gaillard va durer toute une nuit où il va rencontrer un tas de gens aux mentalités et aspirations diverses. Il va pouvoir ainsi mesurer à quel point le danger menace à chaque coin de rue, même si aucune bombe n'explose et que nul coup n'est tiré.
Ce street movie qui n'est pas sans rappeler le Caro diario de Nanni Moretti a le mérite de décrire à quel point le drame que vit le Liban est à la fois profond et insidieux. La mise en scène sans fard ni effet de caméra lui donne un style presque documentaire bien dans l'air du temps. Avec Elie Mitri dans le rôle principal et un tas de figurants plus vrais que nature.