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cine qua non
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coockies2411
7 critiquesMembre depuis le 17/01/2012 -
NoraM
6 critiquesMembre depuis le 22/01/2012
Notes et critiques
à propos de
Le plébiscite de ce tire-larmes bas de gamme au propos édifiant (aussi ridicule que The King's Speech, une leçon bien tautologique style : « Dépassons nos préjugés, aimons-nous au delà de notre couleur de peau » !) à l'interprétation molle, la musique éculée, l'intrigue poussive, la réalisation sub-standard, les décors plats puants le studio, la reconstitution terne, la photo frisant le chromo, à la vulgarité inouïe, laisse pantois. Sans parler du racisme bon teint du caricatural accent trainant du Sud pris par l'intégralité de la distribution noire, et d'un réalisateur qui rame pour introduire le moindre flashback. La situation choisie pour illustrer cette interminable démonstration d'éloquence (2h26) est proprement ahurissante : l'utilisation des toilettes des Blancs par les bonnes Noires. La deuxième heure est une épouvantable collection des lieux communs les plus imbéciles sur l'histoire des États-Unis vus par le bout de la lorgnette, mixée avec des recettes de mélo pour faire pleurnicher les lectrices de Femmes d'Aujourd'hui (fausse couche du vilain petit canard, passage à tabac d'une femme par les méchants policiers, la solidarité féministe interraciale qui s'ensuit,etc.), des blagues de potaches du niveau American Pie (avec une tarte au chocolat dont vous devinerez sûrement l'ingrédient mystère) et de comédie romantique nunuche (la journaliste succombe au charme d'un garçon qu'elle trouve vulgaire et idiot parce qu'il sait comment la flatter), c'est dire le niveau de désespoir et l'égarement scénaristique qui la caractérise.
Le plus criminel dans ce mélo superlacrymal est que Tate Taylor (appréciez l'exploit de citer le responsable, tant il est invisible) compromet un casting féminin trois étoiles : Emma Stone, Bryce Dallas Howard & Jessica Chastain, autant dire ce que cette génération d'actrices compte de meilleur. La première use de sa voix rauque, de son front dégagé, de ses grands yeux ronds hébétés et de ses épaules droites pour incarner un garçon manqué, une journaliste au caractère bien trempé qui hérite des rares bonnes lignes de dialogues du scénario. La seconde casse son image éthérée de Lady in the Water ou de girl next door et étonne avec un personnage de garce bien trempé, mais qui se verra consensuellement trainer dans la boue à la fin, avec humiliations publiques et alcoolisme au volant en option. C'est encore la troisième qui s'en sort le mieux et régale avec une composition de ravissante blonde idiote aveuglément humaniste aux antipodes de ses rôles de mère dans Tree Of Life & Take Shelter. Tous ces personnages sont unilatéraux et sont condamnés à ne pas évoluer, et l'ensemble ne serait pas aussi ignoble si l'hypocrisie distillée ne consistait pas à nous faire croire par la reconstitution que tout ceci n'est qu'une époque révolue, et qu'il n'y a plus de différence aujourd'hui aux États-Unis entre Blancs et Noirs, dans un pays qui n'est en réalité que le plus communautariste au monde depuis la fin de l'apartheid -regardez plutôt le sort de la ville de Detroit par exemple. Ce film sert bel et bien à acheter une bonne conscience aux Blancs et à leurs parents coupables, certainement pas à prendre le parti inverse ou historiographier le début du siècle au Mississippi. Il apparait terrifiant qu'on puisse produire de pareils films en 2012, mais le plus inquiétant est encore que la machine hollywoodienne (où le placement de « minorités » dans les génériques fait l'objet de quotas, rappelons-le) fasse sa sinistre œuvre en nous administrant jusqu'en Europe cette pilule 'contradéceptive' nationaliste, probablement sous l'argument massue de « l'universalité » et du « multiculturalisme » de son propos (sic). Il est vrai qu'on aurait pu s'apercevoir que le film est distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures, et voter une motion de méfiance par principe.
« C'est beau mais c'est humide » écrivait Victor Hugo. Quant à s'y résoudre, autant revoir un chef-d'œuvre limite sur le même thème, et avec les mêmes excès, mais ô combien plus canalisés : Imitation of Life de Douglas Sirk, feu d'artifice baroque dont il est encore difficile de dire aujourd'hui si c'est un classique ou un nanar. Au moins ici la question est tranchée... Finalement, à les relire, peut-être que les commentaires unanimes ci-dessous sont une vaste plaisanterie collective des membres de ce forum. Ce serait l'explication la plus rassurante.
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VictorB
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- Publié le 27/01/2012
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