juliendemangeat

Accatone
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Publié le 26 août 2014
Film hors norme d’une poésie rarement vue à l’écran. La prouesse du film est de mélanger la trivialité d’une crise existentielle à la légèreté d’une douce rêverie. Les deux se rencontrent dans un large sourire, juste splendide.

Publié le 21 août 2014
Après Cosmopolis Cronenberg confirme son retour au sommet avec ce Maps to the stars aussi torturé que jouissif. Sans en avoir l’air Cronenberg se livre à une sorte d’autopsie de l’Amérique, tant son regard de prime abord satirique se fait profondément analytique. Le sujet analysé (une certaine Amérique) semble malade, obsessionnel et complètement aliéné à sa réussite sociale. Ce qui frappe à la vue de Maps… ce n’est pas l’artificialité des rapports sociaux ou la perte de repère (maintes fois décrits ailleurs) mais la déshumanisation d’une classe sociale supérieure uniquement préoccupée à préserver ce qu’elle possède. Cette prison mentale est parfaitement illustrée par ses intérieurs aussi luxueux que glacés et par ces comportements mécaniques qui semblent échapper à leur personnage. On frôle constamment le surréalisme or cette comédie acerbe est bien ancrée dans le réel, cette dualité est sa grande force. Immanquable.

Publié le 1 août 2014
Le produit hollywoodien dans toute sa médiocrité ou alors serait-ce la nouvelle technique de vente de ce système perverti : pour ne pas faire de mauvais film mieux vaut ne pas faire de film du tout. Car où est le film là-dedans? Dans les personnages? Inexistants et quand ils existent c’est pour le pire (les singes sont comme les hommes, ils peuvent être gentils ou méchants mais surtout la vérité n’appartient qu’à très peu d’entre eux…). Dans le scénario ? Réduit à une suite de péripéties il ne fait que révéler la platitude de toute l’entreprise. L’enchainement des évènements est parfois tellement rapide qu’on finit par se moquer de ce qui va arriver. Dans la mise en scène? Elle s’approche du néant parce qu’on filme le néant : pas de point de vue, pas de conviction, pas d’idée (même les scènes d’actions sont bâclées). La thématique quant à elle tient du fourre-tout typique du film d’anticipation formaté. Restent les effets spéciaux. En fait on ne voit que ça. Ils permettent de donner à notre Grand César vénéré (le chef des singes) des expressions humaines qu’on n’avait encore jamais vues, chapeau les macaques!

Publié le 5 juin 2014
Voilà une belle surprise avec ce film plutôt sobre dans sa forme et d’une grande délicatesse dans le fond. A une approche quasi documentaire (les visites des deux frères) vient se greffer un récit des plus romanesques. Ainsi A.Ropert traite ses personnages en profondeur et avec beaucoup de pudeur, ne délivrant leur secret qu’au fil du récit. Récit qui discrètement laisse affleurer des émotions qu’on n’aurait pas soupçonné au début du film. C’est aussi l’occasion de voir un coin de Paris avec un regard inhabituel, loin des clichés d’une ville étouffante et plus proche d’une communauté à taille humaine. Superbe.

Publié le 27 mai 2014
Comme beaucoup de film d’anticipation une fois son idée de départ posée, on déroule un récit des plus plats et sans réel soucis de mise en scène autre qu’illustrative. On passe en revu toute sorte de sujets propres au genre (le formatage, la liberté, l’identité, la manipulation, l’élitisme…) avec si peu de conviction. On assiste alors à un récit initiatique des plus convenus avec un concours de grimaces polies et une esthétisation des corps outrancière (qui n’est qu’un lissage supplémentaire de toute possibilité d’expression). Et cette question qui revient : comment parler d’une société lisse et sans aspérité sans faire un film lisse et sans aspérité ? Ce n’est pas pas Neil Burger qui va nous donner la réponse.

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