juliendemangeat
- Ville : Bruxelles
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Publié le 3 mai 2013
La première partie de l’écume des jours est une vraie réussite. Tous les éléments ludiques prennent possession de la mise en scène et amènent à chaque instant une poésie qui accompagne tous les personnages dans un monde d’insouciance et de plaisir, un monde qu’apparemment ils ne pourraient pas imaginer autrement. Le film respire une joie de vivre inégalée et atteint rapidement des sommets de surréalisme. Fort logiquement quand le malheur arrive ça patine un peu, puisqu’il implique une rupture de ton pour le moins brutale. C’est presqu’un deuxième film qui commence, beaucoup plus austère dans sa forme et que les personnages subissent alors qu’ils en étaient le moteur au début. Les gadgets qui répondaient à leurs désirs se font rares. C’est dès lors une oppressante métamorphose qui tient lieu de surréalisme. On se retrouve ainsi dans un cauchemar kafkaïen. Toujours très beau mais beaucoup plus cérébral et d’une noirceur qu’on a du mal à accepter dans un premier temps. Ce changement de régime complet était peut-être moins sensible dans le roman comme si le langage des images (en tout cas celles de Gondry) était plus percutant que celui des mots.
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Publié le 27 avril 2013
Cette fois-ci c’est sûr, l’humanité n’est plus. Remplacée par des humanoïdes prompts à répondre aux ordres avec une application insupportable. Le problème se situe tout entier dans ce premier portrait féminin, insipide parce que Kosinski ne sait pas lui apporter une touche personnelle. Ainsi il aligne toutes les métaphores, vues et revues, sur la déshumanisation mais sans le moindre point de vue. Or ce sujet maintes fois traitées, s’il ne l’est pas d’emblée de façon très personnelle tombe vite dans la platitude esthétisante doublée d’une surenchère scénaristique complètement stérile. Ici on est en plein dedans. Même les scènes clés, comme les rencontres et les découvertes que Tom Cruise fait, tombent toujours à plat. Et donc pour décrire un monde sans âme Kosinski nous fait un film sans âme, un comble. Quand donc ces producteurs hollywoodiens comprendront-ils qu’un tâcheron ne fait pas un metteur en scène?
Publié le 18 avril 2013
La réussite d’« Alceste » semble tenir dans ses subtiles contradictions. Si le comique du film repose surtout sur les caractères bien définis des différents personnages (seconds rôles inclus) ceux-ci ne sont jamais appuyés. A l’image du jeu dans les répétitions qui doit être maitrisé. Le comique est toujours le fruit d’un léger dérèglement, une saute d’humeur ou une incompréhension. Dans tous les cas c’est un mélange de légèreté et de sérénité qui en ressort, à l’inverse de beaucoup de comédies françaises qui cherchent grossièrement l’effet comique qui tue (et qui tue le cinéma au passage). Grâce à des types comme Le Gay la comédie française n’est pas tout à fait foutue.
Publié le 17 avril 2013
Quand un metteur en scène habituellement ambitieux décide de faire un film plus modeste c’est souvent une réussite, c’est le cas ici avec cette comédie à la fois loufoque et chaleureuse. La mise en scène est limitée en termes d’occupation de l’espace. Elle consiste surtout en une direction d’acteurs remarquable. En donnant à ses personnages une dimension profondément affective Almodovar crée un décalage constant par rapport à une norme comportementale ici gentiment ridiculisée. Ainsi le pilote d’avion qui de commandant est sans cesse ramené à sa condition d’amant. Cette dynamique est soutenue par une volubilité qui donne à l’ensemble une tonalité burlesque qui ne sera contrariée que par ces magnifiques plans d’aéroport vide qui en disent plus sur la crise espagnole que bien des écrits. Ce qui ressort enfin du film est cette légèreté bonne enfant et ce côté ludique de la comédie de studio (l’avion est filmé comme un jouet) qui remettent les sentiments au centre de tout.
Publié le 11 avril 2013
On se dit tout d’abord que Cloud Atlas a le mérite d’être un film à thèse pas trop pontifiant parce que la mise en scène fait le choix du lyrisme et de l’action. L’adresse des frères wachowski à rendre clair un récit qui apparait au début incompréhensible est toujours là. Le montage virtuose donne même à l’ensemble un certain souffle, ce qui n’était pas gagné sur le papier. Mais cela reste l’addition de six récits très distincts, racontés avec beaucoup de soin et si peu d’originalité. Tout cela semble un peu gratuit au regard de l’ambition affichée. Finalement le masque tombe , Cloud Atlas appartient au pire genre cinématographique qui soit : le film choral. Même si dans le genre c’est l’un des moins mauvais ça reste un divertissement assez plat.
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