juliendemangeat

Accatone
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Publié le 2 avril 2014
Après Mother et surtout the Host on ne peut s’empêcher d’être un peu déçu. La folie furieuse et contagieuse de ces deux films semble avoir déserté ce train fou qui pourtant promettait beaucoup. Deux éléments peuvent expliquer ce semi échec. Tout d’abord l’adaptation de la BD qui a un peu cadenassé l’imagination pourtant fertile de Joon-Ho. Et surtout le casting international qui est un piège pour beaucoup de réalisateurs qui se mettent à tourner en dehors de leur milieu naturel. Ici c’est assez net avec Swinton et Harris qui, s’ils évitent le cabotinage pur et simple, ne sont pas totalement au service du film. C’est du reste avec les deux acteurs coréens que le film trouve le dérèglement poétique que ce sujet réclamait.

Publié le 26 mars 2014
Toujours maitre de son univers bien décalé Anderson semble s’être laissé aller à faire un film de pures conventions (les siennes bien sûrs). Car tout cela ressemble furieusement à un exercice de style, d’autant que ce récit rocambolesque ajoute à l’artificialité du projet. Pire, avec ce récit à rebondissement on semble s’éloigner du sujet originel : cette filiation naissante avec le jeune groom promettait beaucoup or elle est diluée dans des aventure peu stimulantes et dont le comique burlesque s’avère souvent emprunté. Si l’hôtel nous était promis comme le point d’encrage de la mise en scène, pourquoi déplacer celle-ci dans différents terrains de jeu tout juste visités (la grande maison, le train, la prison, la montagne…) qui sont autant d’imaginaires non exploités. Cela déçoit forcément. Tout comme cette galerie de personnages qui laissent froids tant ils n’expriment rien de particulier (W.Dafoe en brute épaisse : parfaitement lisse, Brody en fils indigne : totalement insipide, Norton directement importé de Moonrise K avec son air de cocker triste…). Quant au rythme élevé pas sûr qu’il convienne au cinéma d’Anderson, son mélange d’introspection et d’absurde réclame plutôt une certaine lenteur ou du moins une respiration plus naturelle. Bref beaucoup trop de gratuité dans ce projet ambitieux qui décidément ne tient pas ses promesses. Un grand dommage.

Publié le 17 février 2014
Un beau film de toute évidence, plastiquement superbe et d’une sobriété qui colle à son sujet grave : une Pologne meurtrie. L’humilité du cinéaste face à ce grand sujet est à la fois la force et la faiblesse du film : elle évite l’emphase du film à thèse mais la représentation de cette Pologne ne dépasse jamais les attentes qu’on pourrait en avoir. Séquelles de la guerre, communisme omniprésent, sinistrose généralisée : rien n’est traité de façon approfondie et le point de vu intimiste termine de donner au film sa facture modeste. Ce qui transcende ce tableau c’est bien les deux portraits féminins (formidablement habités et toujours magnifiquement photographiée). Cela confère au film sa beauté intériorisée (ce qui ne rime pas forcément avec profondeur) mais cela reste un peu court pour en faire le grand film annoncé.

Publié le 9 janvier 2014
Scorcèse renoue avec le brio de ses grands films de gangsters. Retrouvant le goût d’une certaine démesure il traite la « success story » de Las Vegas et de Wall Street de la même manière, décrivant un milieu sauvage et amoral. Sauf que les loups sont décrits comme de parfaits dégénérés ce que n’étaient pas forcément les gangsters professionnels de Casino. On est ici dans un dérèglement permanent, une bouffonnerie généralisée à la fois jouissive (c’est souvent drôle) et en même temps très critique d’un monde ou les attardés mentaux (J.B se dit lui-même superficiel et matérialiste) sont prêts à prendre le pouvoir.

Publié le 16 décembre 2013
Toujours interdit de diffusion dans son pays A touch of sin est le brulot de l’année. Il y montre la violence avec une frontalité et une évidence qui ne la rendent jamais gratuite ou outrageusement démonstrative. Filmée sans aucune distance celle-ci confine au burlesque, c’est la grande force du film. Elle révèle le désarroi extrême d’une frange de la population qui trouve dans celle-ci le geste libérateur. Il est l’ultime solution face à l’humiliation qu’on ne veut plus subir. Sursaut d’humanité dans un monde en évolution trop rapide qui ne laisse que peu d’espace pour les insoumis. Immanquable.

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