juliendemangeat

Accatone
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Publié le 14 octobre 2014
Toujours aussi inventif formellement Dolan n’en maitrise pas moins sa mise en scène. Point de coquetterie ni de gratuité dans ce qui est de l’ordre de l’intuition plus que du calcul. Ralenti, profondeur de champ, gros plan, tout a une utilité d’autant plus évidente que ces effets se fondent naturellement dans le film. Cette grammaire déjà à l’œuvre dans ses précédents films est là pour accompagner voir adoucir le terrible drame qui se joue devant nous en même temps qu’elle embellie un monde vu comme cruel par Dolan. Cette prise de distance est bienvenue et on n’ose imaginer ce qu’un tel sujet aurait donné avec un traitement plus réaliste. Si la relation mère fils constitue la trame du film on est avant tout devant un splendide portrait de femme-mère qu’Almodovar n’aurait pas renié. Portrait d’autant plus beau qu’il est doublé par celui de la voisine, tout aussi touchante en femme fragilisé par son rôle de mère. A 25 ans Dolan qui a déjà cinq beaux films à son actif, tous très différents, impose le respect au monde du cinéma hormis à quelques égarés qui trouvent du plaisir à se tromper sur tout.

Publié le 18 septembre 2014
Très belle surprise que ce pur divertissement qui réussit son pari parce que derrière le côté parodique se cache une grosse écriture. Les personnages notamment sont tous habilement profilés. L’option prise par J.G n’est pas de faire rire à tout prix mais de laisser l’humour poindre des différents protagonistes tous un peu barrés. En dépit d’un passé lourd la causalité psychologique de leur caractère n’est jamais prise au sérieux, c’est ce qui permet les dérapages grotesques. Un jalon dans l’aventure Marvel.

Publié le 28 août 2014
Passé le temps d’adaptation aux conventions de ce film hors norme on se trouve face à une fable à la fois poétique et métaphysique, d’une beauté aussi tranquille que fascinante. L’humanité qui finit par se dégager du personnage est juste troublante. Les scènes hyper réalistes se mêlent aux scènes fantastiques avec une évidence rare (on pense à Tarkovski) pour donner à l’ensemble une profonde mélancolie doublée d’un questionnement inattendu sur la nature humaine.

Publié le 26 août 2014
Film hors norme d’une poésie rarement vue à l’écran. La prouesse du film est de mélanger la trivialité d’une crise existentielle à la légèreté d’une douce rêverie. Les deux se rencontrent dans un large sourire, juste splendide.

Publié le 21 août 2014
Après Cosmopolis Cronenberg confirme son retour au sommet avec ce Maps to the stars aussi torturé que jouissif. Sans en avoir l’air Cronenberg se livre à une sorte d’autopsie de l’Amérique, tant son regard de prime abord satirique se fait profondément analytique. Le sujet analysé (une certaine Amérique) semble malade, obsessionnel et complètement aliéné à sa réussite sociale. Ce qui frappe à la vue de Maps… ce n’est pas l’artificialité des rapports sociaux ou la perte de repère (maintes fois décrits ailleurs) mais la déshumanisation d’une classe sociale supérieure uniquement préoccupée à préserver ce qu’elle possède. Cette prison mentale est parfaitement illustrée par ses intérieurs aussi luxueux que glacés et par ces comportements mécaniques qui semblent échapper à leur personnage. On frôle constamment le surréalisme or cette comédie acerbe est bien ancrée dans le réel, cette dualité est sa grande force. Immanquable.

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