cinebelV1User2965

Manu
  • Membre depuis le 13/07/2011
  • Nombre de critiques : 8
Publié le 18 mai 2005
Difficile d'analyser à chaud, après une première vision, toujours dans l'ambiance et l'univers du film. Difficile d'autant que je m'attendais à ce que cet Episode III soit le meilleur de "cette" trilogie mais qu'il ne parvienne pas à égaler l'"autre" trilogie que je vénère depuis tant d'années. Je pense que George Lucas aurait pu déployer tous les trésors d'imagination du monde, il n'aurait jamais réussi à me faire considérer l'Episode III comme supérieur aux IV, V et VI. Question de mythe et de magie... Ceci étant, il faut reconnaître que la boucle est parfaitement bouclée et que le film va crescendo. Carte postale géante (certes impressionnante) durant la première moitié, développement du scénario plus appuyé dans la seconde avec un final somptueux : la transformation de l'homme en machine et le montage parallèle entre les deux tables d'opération : Padmé qui perd la vie pendant qu'Anakin renaît dans une autre... Je trouve personnellement que les effets spéciaux sont à la hauteur du film mais que le jeu d'acteurs laisse (comme souvent) à désirer. Padmé sert de faire-valoir, Obi-Wan est sans relief, quant à Anakin il est monolithique. Je m'attendait à ce que Hayden Christensen aille plus loin dans l'étude de son personnage... Scénariststiquement, ok pour la crainte de la mort de son aimée comme justificatif du passage au côté obscur mais la façon dont le basculement s'opère dans la tête d'Anakin se fait un peu à la légère. On ne peut pas dire que les états d'âme le rongent longtemps (d'ailleurs comment, alors qu'il "vend son âme au diable" par amour, peut-il avant le combat final face à Obi-Wan, envoyer une trempe à distance à la mère de ses enfants... ? Le pétage de plombs me semble un peu rapide et inconsidéré ! Il me semble surtout contradictoire...). On sent que le souci de Lucas était vraiment de recoller toutes les pièces du puzzle, histoire que l'autre trilogie soit bien amenée (cf. les dernières scènes avec la famille Organa qui recueille Leia et Obi-Wan qui se rend sur Tatooine confier le petit Luke à son oncle, c'est vraiment pour qu'on comprenne tout bien au cas où...). M'enfin l'impression générale est celle d'une réussite et d'un accomplissement. 20 ans qu'on attend pour (sa)voir comment Anakin devient Vador. Avec le recul, c'est amusant de voir à quel point il constitue le fil rouge, LE personnage central des 6 épisodes, autour duquel tous gravitent en "bordure extérieure"...

Publié le 29 avril 2000
Dommage ces quelques longueurs pour un film qui, par ailleurs, tient toutes ses promesses. On découvre Jaoui à la réalisation, on adore toujours Bacri-Jaoui au scénario. Le Bacri acteur, pour une fois, apporte quelques variantes à son jeu. Il est peu moins monolithique que d'habitude (ce doit être la moustache quoique, dans la salle comme dans le film, personne n'a remarqué quand il la coupe. Pauvre homme, incompris...). Le duo Chabat-Lanvin, parfois prévisible, est souvent drôle, surtout quand le deuxième nommé (garde du corps professionnel jusqu'au bout des ongles) rate le seul instant où il aurait du intervenir... Dialogues savoureux, situations criantes de réalisme. 'Le goût des autres' est un film remarquable sur les sentiments et les problèmes de l'être humain que chacun gère à l'intérieur de soi-même (la scène la plus remarquable à mes yeux est celle où l'industriel, son chauffeur et son garde du corps sont dans une boîte de nuit, assis, le regard dans le vide, chacun plongé dans les méandres de ses sombres pensées). Plus encore que le remarquable 'American Beauty' (que, malgré tout, on ne parvient pas à regarder autrement que de l'extérieur à cause de son 'américanité'), le nouveau Bacri-Jaoui pose un regard juste sur la vie. Je pense donc je suis...

Publié le 7 avril 2000
'La fin d'une liaison' ou plutôt le souvenir puissant d'une rupture provisoire dictée par la naissance de la foi... Film étonnant à plus d'un point de vue mais pas le chef-d'oeuvre que l'on proclame parfois. En deux mots : le narrateur (Ralph Fiennes), qui campe un écrivain, croise par hasard, un soir de pluie, un homme qui s'avère être un ex-mari cocu (Stephen Rea) que la femme (Julianne Moore) trompait avec... l'écrivain. Le mari est désespéré : il est convaincu que sa femme le trompe mais à ce moment... ce n'est plus avec l'écrivain (car 'The End of the Affair'...). Ralph Fiennes (l'amant trompé) décide (à la place du mari) d'engager un détective privé pour suivre les faits et gestes de Julianne Moore. Je laisse tomber la suite, vous la découvrirez par vous-mêmes... L'intérêt du film, en définitive, réside moins dans l'intrigue que dans l'évolution psychologique de personnages tourmentés par la passion, la jalousie et la foi ou le rejet de la foi. Graham Greene, dans son livre, privilégiait l'intériorité. Neil Jordan, dans son adaptation, agit de la même façon avec, pour la scène centrale du film (la chute de Ralph Fiennes dans un escalier, provoquée par une déflagration) une double instance de narration qui complète les points de vue. On adhère au récit polyphonique, on adhère à cette intimité (presque toutes les scènes sont tournées à l'intérieur ou pendant la nuit), on adhère moins à l'illumination soudaine du catholicisme et à la fin du film (non, je ne la dévoilerai pas !). A la fin de cette 'affaire', il nous reste plus des images éparses qu'une globalité incontestable, des images d'une esthétique très 'film noir' avec un Ralph Fiennes en silhouette bogartienne. Oublions les 'miracles' et ne retenons que la brume, les imperméables, les boiseries victoriennes, le regard de Julianne Moore et la petite touche (bienvenue) d'humour avec le détective et son 'boy'...

Publié le 31 mars 2000
De beaux acteurs, des clichés 'carte postale', de la musique mode et des plans choc très pub ne suffisent pas à faire un bon film. On espérait que danny Boyle ait retenu la leçon de 'A Life less Ordinary'. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Le réalisateur de l'excellent 'Trainspotting' file du mauvais coton, à moins qu'il ne fume de la mauvaise herbe...

Publié le 22 mars 2000
Une telle unanimité critique-public devait forcément cacher quelque déception. Tant de perfection, a priori, semblait douteux... Eh bien non, American Beauty est bien un film exceptionnel, un film brillant qui devrait (espérons-le) rafler un maximum de prix aux Oscars. Qu'ajouter de plus à tout ce qui a déjà été dit plus bas si ce n'est des mentions spéciales à Sam Mendes pour la beauté de sa réalisation (quelques plans sont magnifiquement cadrés comme celui du joint fumé dans le parking, derrière une porte de service) , sa maestria dans la direction d'acteurs et ses audaces scénaristiques. L'improbable voix off postmortem qui encadre le film plonge, dès les premières secondes, le spectateur dans un climat étrange, un climat qui suggère que ce film profondément américain (il tend à l'universel mais fonctionne d'autant mieux qu'il est situé dans une banlieue résidentielle US comme il s'en clone des dizaines) ne sera pas traité 'à l'américaine'. Du bonheur feint qui refoule la médiocrité à la vraie explosion, un magnifique decresendo porté par un casting éblouissant. Amercian Beauty, c'est une réussite totale, infractionnable mais aussi la persistence d'images et de scènes tellement puissantes : Kevin Spacey qui balance son assiette d'asperges en hurlant que 'désormais, on ne l'interrompera plus', sa femme qui se répète qu'elle n'est pas une victime pendant que le mari s'apprête à en devenir une, les nombreux sourires et non-dits de Jane, les plans de téléviseur incrustés dans une image en partie créée par un maniaque cronenbergo-egoyanien, le père facho qui débarque trempé dans le garage de Spacey, la bouche exagérément pulpeuse de la copine blonde (on ne s'en plaindra pas...), le visage mortifié (momifié) de la voisine qui ne vit plus sans doute depuis bien longtemps (le rangement obsessionnel sauve les méandres de l'esprit attaqué) et, bien sûr, les pétales rouges qui parsèment ce bijou plus que recommandable...

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