Peuimporte

Peu importe
  • Ville : Bruxelles
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Publié le 15 janvier 2010
J’avais adoré « Toto le héro » et « Le huitième jour ». J’attendais donc le film sorti hier. Par contre j’avais détesté le livre script du film sorti il y a deux ans. Disons-le tout de suite : j’ai très très fort aimé le film Mr Nobody de Jaco Van Dormael. Ce n’est pas tellement le scénario à ramifications tellement nombreuses que pour moi c’en était brouillon, ni le principe du vieux personnage de 120 ans interviewé par un monstre qui m’a plu. Mais bien cette richesse d’imagination, cette beauté des images, cette qualité riche des musiques qui soutiennent les images au point de nous interpeller. Cette quantité d’idées neuves, ce professionnalisme, avec références bonnes pour les écoles du cinéma, cette variété dans la façon de traiter les sujets, ce rythme où rien n’est inutile. On sent que c’est un film non seulement lentement mûri, mais aussi enrichi d’idées depuis des années. Un peu comme le sont souvent les premières œuvres. Bien sûr le film est long (2h 08min), mais pas une minute, on ne s’ennuie. Supprimer des séquences aurait signifié supprimer des traits de génie. D’accord on retrouve des réminiscences de ce qui a fait les deux premiers succès de notre réalisateur belge, mais aussi ce sens jubilatoire comme on peut le ressentir aussi dans « Amélie Poulain ». Et des questions existentielles. « J’ai une chouette petite famille mais est-ce que je vis ? » Ou alors : «Comment réagir à une (autre) femme devenue dépressive ? » Les personnages sont tous les six, à 15 ans et à 35 ans, beaux à marier. Je songe à la scène des trois fillettes sur le banc. Dans le « Seigneur des anneaux » je déteste les effets spéciaux : ici je les adore. Allez expliquer pourquoi. Les conférences cinématographiques intercalées sur l’angoisse, les dimensions de l’espace ou le big crunch sont des chefs-d’œuvres d’illustration graphique pédagogique. Sa vue de la vie future de la société inspirée par Schuiten est absolument fabuleuse. Sa station conçue pour explorer Mars et les personnages qui s’y réveillent après hibernation est belle à couper le souffle. Mais je relève encore la scène du pigeon ou de l’oisillon qui fait preuve d’intelligence, celle de l’homme préhistorique qui protège sa femme du danger, la scène des trois mariages. Ou encore la voiture auquel Nemo fout le feu. J’aime moins les scènes de noyades, et le thème du train qu’on prend ou qu’on rate, même si j’ai apprécié que la gare s’appelle « Chance ». Je n’aime pas le thème de l’effet papillon, mais la feuille d’érable en forêt était bien filmée. À remarquer aussi la grammaire maîtrisée du cinéma : le jeu des couleurs (le jaune sous les couettes par exemple) en fonction de la vie évoquée. Et même la signature de Van Dormael, à la manière des peintres flamands de jadis, qui apparaît sous les traits d’un vieux Brésilien qui se cuit un œuf. Dans ses interviews Van Dormael dit que toutes les vies sont possibles et valent la peine. Peut-être, mais celle avec Anna semble un peu plus agréable que celle avec Jeanne ou avec Elise. Voilà. À présent vous avez un choix. 1. Vous allez voir le film 2. Vous n’allez pas voir le film 3. Vous attendez la sortie DVD ou TV. Et pour moi, la question est « J’envoie cet article à 5 personnes ou à 35 personnes ? » Mais encore : « Je l’envoie sur le forum Cinebel.be ou je l’envoie aux courriers des lecteurs des grands journaux? Il restera alors à la presse à juger : « Je publie ou je publie pas ? ». La vie est faite d'une multitude de petits choix, qui tous déterminent la suite. Peu importe 9/10 20100115

Publié le 26 août 2009
La graine et le mulet. Immanquablement ce film par sa fin me fait songer à Zorba le Grec. Quel magnifique désastre que cette vie d'efforts qui débouche sur l'échec. Dur. Comme la vie. Commençons par les défauts de ce film: le son est mauvais un peu comme dans"Daens" ou "au-delà de Gibraltar" ou "y aura-t-il de la neige à Noël". Un défaut technique qui gâche un beau film. Au point que personnellement je lisais les sous-titres en néerlandais pour mieux comprendre. Deux: le film est long. Interminable. Mais ce n'est pas un défaut, c'est un choix. Il faut nous faire comprendre l'irritation des Européens présents dans la salle de restaurant. Attendre un peu avec un verre d'alcool, un Français peut le supporter, attendre longtemps, bonjour les dégâts. Les impatients que nous sommes vont tous écrire que le film était trop long. Pourtant je l'ai regardé jusqu'au bout. Trois: une faute technique de cinématographie: "quand les deux fils transportent les casseroles sensées contenir 30 litres de nourriture, on voit que les casseroles qu'ils transportent avec un couvercle sont vides, tant les mouvements sont légers". Ça c'est une erreur professionnelle. Les qualités maintenant: Le scénario est bien construit. Les ambiances, les tensions dans la (les) famille(s) sont bien rendues. J'ignore si les familles du Maroc et d'Algérie vivant depuis longtemps en Belgique ou en France se retrouveront dans cette famille qui boit de temps en temps un verre de bière ou qui ne respecte pas tous les principes religieux, mais moi je reconnaissais en tout cas la façon de parler et de raisonner des jeunes filles. Elles réagissent comme mes élèves de 17 18 ans. C'était bien fait. Par exemple le discours entre la dernière fille et sa mère la deuxième épouse pour la convaincre d'aller à la fête d'accueil des autorités. Ou la façon dont l'épouse abandonnée fait ce qu'elle sait faire de mieux en préparant un couscous comme toute la famille l'adore. Y compris pour le père indigne, y compris pour la part du pauvre. La façon dont toutes les épreuves de la vie sont dures (trouver un crédit, une autorisation d'établissement) est également bien rendue. La scène très longue de la danse du ventre est habile pour nous faire réaliser qu'il faut du temps pour préparer un couscous, que la fille se donne réellement elle-même en laissant voir son petit ventre, et en même temps en nous menant à la question: "et à quoi bon finalement?" La scène des 3 petits vauriens qui ont volé le si précieux vélomoteur du vieux Beiji, lequel a beau, en sage, essayer en vain de raisonner "les enfants" est dérisoirement cruelle et réaliste. La scène de la belle-fille en situation de crise criant en long et en large au beau-père qui n'a pas le temps tout ce qu'elle a à reprocher à son raté de fils est aussi poignant. Lequel beau-père qui ne peut que constater l'ampleur du désastre. Dans l'ensemble j'ai trouvé que c'était un beau film plutôt à recommander si vous savez qu'il sera long et que vous l'accepter. Peu importe 20090807. 7,3/10 que j'arrondis à 8 pour faire un peu remonter la moyenne qui pour le moment est à 58% et que je trouve un peu sévère.

Publié le 14 août 2009
Demain dès l'aube. Avec notamment Anne Marivin. Deux frères dans la quarantaine. L'un vit une vie dès qu'il sort de l'usine. celle des jeux de rôles et les reconstitutions des bivouacs des armées napoléoniennes. L'autre brillant pianiste se tape une petite crise existentielle avec sa charmante épouse (Anne Marivin) qui joue à merveille le rôle de la grande cruche bourgeois bohème, bonne épouse à son mari, interprétant à merveille la chieuse quand il le faut. (Ceci dit, avec son sourire absolument craquant quand elle est heureuse, elle décrochera un Oscar ou César le jour où elle aura un rôle taillé à sa mesure, une femme au charisme éblouissant et imaginatif). Le pianiste va rejoindre quelques temps sa maman gravement malade. Et va, pour sortir son frère des jeux de rôles y entrer. Le film se laisse voir, même si on exècre les jeux de rôles. C'est bien fait, c'est amusant. J'ai personnellement adoré quand à un souper de soupirantes, une beauté s'évente goulûment des récits de faits d'armes fictifs du pianiste et de son frère en uniformes du XVIIIème siècle. Puis la petite réplique d'admiration quand ils se retrouvent dans les couloirs et vestiaires en jeans avant de reprendre chacun leur Renault pour retrouver chacun leur vie civile. Beau aussi de voir que l'aide-soignant en hôpital joue le rôle de grand chirurgien de l'empereur sur les champs de bataille et de duels. Un peu gros par contre la poursuite du jeu dans la vie civile. Ca c'est du cinéma! Et les duels au champs de combat qui pourraient aller jusqu'à la mort. Idem. Enfin il y a une morale finale inacceptable à savoir que l'on peut se faire justice soi-même en tuant froidement l'assassin de sa maman. Non en démocratie encore et toujours, c'est à la justice qu'on fait appel. Et si elle n'est pas bonne on interpelle ou on vote pour qu'elle s'améliore. Peu importe 20090813. 7,8/10

Publié le 4 août 2009
Gentille. Je ne regarde jamais quasiment la télévision et encore moins l'après-midi, et là subitement je tombe sur ce film à 16h00 sur Arte. J'ai il est vrai été un peu accroché par les dialogues "déjantés" et l'humour très cinéma français que d'habitude j'adore. Ici je voyais bien qu'il s'agissait d'un petit film. Gentil effectivement. J'essayais surtout de mettre un nom sur cette actrice dont le visage me rappelait une élève d'une de mes classes. Dont le plissement des yeux et le sourire, les commissures des lèvres sont en permanence entre le rire de joie et la tristesse. J'ai dû attendre le générique pour m'en souvenir: Emmanuelle Devos. Déjantée à nouveau quand on la voit nue, tout au plus camouflée par un flacon de produit de beauté, s'entraîner pour avoir l'air naturelle et décontractée quand son copain entrera dans la pièce et se retrouvera à converser face à elle. Lequel copain qui lui ne cachera non plus rien de son anatomie quelques minutes plus tard. Personnellement je trouve cela encore toujours étonnant sur nos chaines grand public en milieu d'après-midi. Mais là c'est peut-être moi qui suis maintenant déjanté. Pour le reste, il y avait des répliques amusantes et jouissives ou jubilatoires plutôt, mais je n'ai quand-même pas accroché. 4/08/2009. Peu importe. 6/10

Publié le 31 juillet 2009
Funukè. Film un peu atypique que ce film japonais. Et surprenant. Cinq premières minutes à s’encourir. Une médiocrité d’un trash inouï. Nul cet écrasement de deux parents en deux traînées sanglantes par deux trains de roues parallèles d’un camion. Nulle l’histoire de ce chat immobile qu’on veut sauver. Nul même le rendu des couleurs et les premiers dialogues. Puis curieusement le film prend forme. En construisant petit à petit. À coup de dialogues. De scènes davantage suggérées que montrées. Adorable cette petite épouse, laissée au rang de servante, même pas digne de susciter l’envie de relations sexuelles de son époux. Qui pourtant sourit et dit oui aux pires excès de la vie ordinaire avec un conjoint rétrograde. Et qui s’excuse sans cesse pour toutes les fautes réelles ou imaginaires qu’elle a faites. La petite sœur aussi est désolée pour tout y compris les fautes qui ne sont que dans la tête des autres. La tête de sa cruelle et cupide sœur par exemple. Qui pour devenir actrice écrase sa frangine, tuerait son père et baiserait son frère et tout le village. Un frère qui est une personnalité sans intérêt. La petite sœur souffre et s’évade dans la rédaction en cachette de mangas. Illustrant leur vie folle à la campagne. Brimée, elle a cette même envie d’évasion artistique que sa sœur. Sa souffrance alimente, comme souvent, sa créativité. Mais a elle un supplément d’âme. Et c’est elle qui réussira en éditant ses mangas à la ville. Finalement, j'ai aimé le film. Peu importe. 31 07 2009 7/10

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