NadiaV3be
- Ville : Bruxelles
- Membre depuis le 10/02/2010
- Nombre de critiques : 22
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Publié le 13 avril 2011
Avec son beau casting et son réalisateur Roger Michell ('Coup de foudre à Notting Hill'), « Morning glory » aurait pu être une comédie très sympa si elle s’était juste contentée de nous faire rire grâce à ses dialogues vifs et aux prestations d'Harrison Ford et Diane Keaton.
Seulement, Aline Brosh McKenna (la scénariste de « Le Diable s'habille en Prada »), nous livre une trame bien plate où elle recycle son ingrédient favori : la jeune godiche dynamique. Le résultat n’est pas plus original qu’un plat préparé.
Après seulement quelques scènes, le personnage de la jeune et (trop) dynamique Becky Fuller (une Rachel McAdams qu'on laisse surjouer en permanence), loin de devenir attachant, finit par agacer.
« Morning Glory » aurait aussi pu être une bonne satire du monde impitoyable de la TV, seulement la position de la scénariste et du réalisateur n’est vraiment pas très critique vis à vis de ce monde impitoyable, au contraire, ils semblent le défendre. Ainsi, devenir un bon petit conformiste serait la clé de la réussite (et du bonheur !)
Le propos du film apparaît presque comme de la propagande, nous abreuvant d’une pseudo morale très américaine qui veut sournoisement nous faire croire qu'il est nécessaire (même normal) pour les jeunes de s'acharner au travail jour comme nuit et n’avoir aucune vie privée. Et si comme Becky, on se fait soudainement virer (crise oblige !), alors même qu’on attendait une promotion, on reste positifs et on recommence joyeusement à se refaire saigner au nom du profit.
Le comble du pathétique, c’est qu’alors même que le film a la prétention de nous refourguer une morale, il contient plusieurs éléments dont la moralité est plus que discutable... Par exemple, le grand reporter aux huit Pulitzer qui accepte finalement de faire un énorme compromis et présenter des infos-poubelle. Ou Becky, qui pour réussir à faire grimper l’audimat de ‘Daybreak’, émission matinale initialement consacrées aux infos et à la météo, oblige ses collaborateurs à se ridiculiser sans cesse et transforme l’émission en show de divertissement ‘trash’ (ce qui sous-entend bien sûr qu’on considère le public comme une bande de débiles). Mais tout cela ne semble nullement préoccuper ni scénariste ni réalisateur…
Le seul intérêt de cette comédie (s’il faut vraiment en trouver un…) sont les répliques ou piques que se lancent les deux co-présentateurs TV interprétés par H. Ford et D. Keaton, et l’interprétation d’Harrison Ford qui est très convaincant dans le rôle de l’ex grand reporter devenu aigri et grincheux (comment ne pas voir là un parallèle avec Harrison Ford lui-même, qui trop vieux pour jouer les Indiana Jones doit se contenter de petits navets sans intérêt, à l’instar de son personnage obligé de présenter une stupide émission télé ?)
Bref, « Morning Glory » est à éviter, sauf si vous tenez absolument à gonfler le nombre d’entrées de ce genre de films à première vue inoffensifs mais en réalité nuisibles, et qui ont déjà beaucoup trop envahi les écrans européens.
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Publié le 23 mars 2011
Premier long-métrage réalisé par les suédois Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson, "Sound of noise" exploite l’idée qu’ils avaient lancée en 2001 avec leur court-métrage expérimental "Music for one appartment and six drummers"* où des percussionnistes s’introduisent dans un appartement et utilisent des objets quotidiens tels mixeur ou aspirateur pour faire de la musique. "Sound of noise" reprend également la même équipe de percussionnistes géniaux qui cette fois-ci vont faire un concerto en quatre mouvements intitulé ‘Music for One city and Six drummers’. Film musical avant tout, "Sound of noise" est aussi un film policier (certes décalé) car une enquête ponctue les différents mouvements.
Utilisant un hôpital ou une banque pour faire leurs happenings insolites, les percussionnistes s’insurgent contre la musique d’ascenseur, mais s’en prennent également à la musique classique à grands coups d’engins de chantier.
Il est incontestable que la plus grande qualité du film est sa bande son ! La musique composée par Magnus Börjeson (qui est également un des interprètes) fait preuve d’une audace jubilatoire.
Le seul manque d’originalité qu’on pourrait reprocher du film se situe au niveau de l'enquête policière et l'amour pas très convainquant de l'officier pour la chef de la bande qu’il poursuit, mais cette intrigue a néanmoins l'avantage de servir d'interlude, souvent très comique, aux différents happenings musicaux.
Déjanté, inventif et drôle,"Sound of noise" vous en mettra plein les yeux, mais surtout plein les oreilles!
Publié le 23 mars 2011
Malgré un sujet qui pourrait sembler tire-larmes, le film ne sombre jamais dans le mélo ni dans le débordement de bons sentiments. Car la mise en scène de Delphine Gleize se révèle sobre, sans pathos, et pleine de pudeur. Au niveau scénaristique, c'est surtout l’histoire d’amitié qui intéresse la réalisatrice, bien plus que la maladie. Et même si il aborde le sujet de la mort, "La permission de minuit" n'est jamais morbide, au contraire, le film déborde de vie, à l’image de cet adolescent qui découvre les premiers émois amoureux et qui malgré le handicap de sa maladie veut profiter de la vie du mieux qu’il peut.
La prestation de Vincent Lindon est bien sûr excellente, mais c’est surtout le jeune Quentin Challal qui crève l’écran, la qualité de son interprétation est d'une justesse et d’un naturel étonnants pour ses 13 ans!
Bien que réussi dans l'ensemble, le film perd en intensité lorsqu’il s’éloigne de l’intrigue principale concernant la relation entre les deux protagonistes. On peut aussi remarquer quelques longueurs regrettables dans la deuxième moitié du film. Néanmoins, "La permission de minuit" reste une belle œuvre qui touchera les jeunes et les moins jeunes.
Publié le 9 février 2011
Après un premier film acclamé, « Et toi t’es sur qui ? », qui se penchait sur la sexualité des adolescents, Lola Doillon (fille de Jacques Doillon) revient avec une oeuvre ancrée dans le monde des adultes cette fois-ci.
Alors qu’elle s’apprête à partir en vacances, Anna, chirurgienne, est enlevée et enfermée dans un réduit. Son ravisseur, Yann, se révèle être le mari d’une ancienne patiente morte après une césarienne. N’arrivant pas à accepter la mort de son épouse, Yann tient Anna pour responsable et veut se venger. Au fil de confrontations, un lien troublant s’établit entre les deux personnages. Un jour Anna trouve la porte ouverte et s’échappe. Mais à peine libre, elle n’a qu’une idée en tête : revoir Yann, autant par amour que par désir de vengeance.
Explorant le syndrome de Stockholm, « Contre toi » présente un huis clos oppressant porté par deux acteurs de grand talent, Kristin Scott Thomas, magistrale dans le rôle de la chirurgienne solitaire et froide qui voit ces certitudes vaciller, et Pio Marmaï (‘Le premier jour du reste de ta vie’) qui allie magnifiquement la folie, la violence et la fragilité du jeune ravisseur perturbé.
Au niveau de la mise en scène, Lola Doillon réussit à jongler subtilement avec les sentiments contradictoires de haine et d’amour, de répulsion et de désir, pour arriver à dépeindre de manière crédible la relation complexe et perturbante qui se noue entre le geôlier et sa victime.
Peut-être légèrement dérangent pour certains, « Contre toi » est un huis clos qui vous obsédera à coup sûr !
Publié le 17 janvier 2011
Adapté de la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad (elle-même inspirée de faits réels) 'Incendies' fait partie de ces films qui marquent le spectateur à vie. Véritable 'claque dans la gueule','Incendies' vous prend aux tripes de la première scène à la dernière!
A la mort de leur mère, les jumeaux Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes par le notaire. L’une est destinée à leur père qu’ils croyaient mort, et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Voulant comprendre la raison du soudain mutisme de sa mère à la fin de sa vie, Jeanne part immédiatement au Moyen-Orient pour exhumer un passé dont elle ignorait tout. Simon est plus réticent à l’idée d’accomplir les dernières volontés excentriques de sa mère, mais il finit par rejoindre Jeanne qui a grand besoin de son soutien. A travers ce voyage au Moyen-Orient, les jumeaux reconstruisent peu à peu le destin tragique de leur mère dans un pays en guerre, pour arriver jusqu'à la clé de l’énigme…
La mise en scène de Denis Villeneuve, d’une maîtrise parfaite, jongle habilement entre le passé et le présent, entre le Québec et le Moyen-Orient.
Le passage où Nawal Marwan (bouleversante Lubna Azabal) est filmée en gros plan devant un bus en flammes au milieu du désert (cf. l’affiche du film) est réellement inoubliable.
Certains pourraient ne pas aimer la bande-originale, avec la voix plaintive du leader de 'Radiohead' chantant 'You and whose army', mais d'autres apprécieront certainement l'originalité de ce choix particulier.
La direction photo d’André Turpin est sans conteste excellente et ajoute beaucoup à l’ensemble de l’œuvre.
Le jeu des acteurs est lui aussi remarquable, en particulier celui de Mélissa Désormeaux-Poulin dans le rôle de Jeanne, mais surtout celui de la bruxelloise Lubna Azabal qui est tout simplement flamboyante dans le rôle de la mère.
Bref, du très grand cinéma !
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