Lorenzo007
- Ville : Bruxelles
- Membre depuis le 09/01/2007
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Publié le 26 février 2010
Guy Ritchie a dépoussiéré le mythe de Sur Conan Doyle sans le trahir et livre un blockbuster vraiment canon, maîtrisé de bout en bout pourtant avec l'ex-mari de Madonna derrière la caméra, c'était loin d'être gagné d'autant plus que l'après-Snatch est catastrophique. Grâce à un tandem Downey Jr-Law qui fonctionne à merveille et de bonnes trouvailles dans la mise en scène (je pense surtout à la technique de combat de Holmes expliquée au ralenti) sans oublier un Mark Strong ayant vraiment un charisme fou en bad guy bien que son personnage méritait plus d'ampleur dans la seconde partie; on ne s'ennuie pas une seconde, on est même un peu frustré que cela s'achève brutalement tant Ritchie a le mérite de ne jamais faire sortir le spectateur de l'histoire. Une très belle réussite et probablement le meilleur film de son auteur.
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Publié le 19 février 2010
Contrairement aux Américains, les biopics français se font de plus en plus rares, probablement parce qu'il y a moins d'icônes du monde de la chanson ou bien leurs vies ne furent pas assez agitées pour qu'en fasse un film (je pense à Brel par exemple). Après avoir réussi Piaf, c'est au tour du grand Serge de passer à la moulinette. Issu du milieu de la bande-dessinée, Joann Sfar savait exactement quelle couleur donner à son premier film, et il n'hésite pas à lier son passé de dessinateur au peintre qu'était Gainsbourg, le tout mélangé avec intelligence. Pourtant, Gainsbourg n'est pas un biopic classique dans lequel nous suivons le parcours d'un artiste pour que nous puissions nous intéresser à son oeuvre; il s'agit tout simplement d'un conte contenant une grande part de vérités mais aussi de mensonges.
Sfarr n'hésite pas à teinter son long-métrage de fantastique, comme le gros bonhomme Juif du début ou le double de Serge, un géant qui façonnera la personalité de l'artiste. A partir de ce grand délire phantasmagorique, Sfarr arrive à en garder le cap pendant plus de deux heures en signant une oeuvre passionnante, d'une très grande poésie (il a compris l'essence de l'oeuvre de Gainsbourg) et à la mise en scène d'une classe exceptionnelle : rien que l'arrivée de Bardot est un plan à faire fantasmer tous les cinéphiles exigeants en matière de technique, tant la maîtrise est poussée à son paroxysme.
Au niveau du casting, Eric Elmosnino est parfait, aucun cabotinage ni imitation, il reste sobre. Casta parle comme Bardot jouait, c'est-à-dire mal et, de ce fait, elle est archi crédible. On regrettera juste un manque de profondeur pour Anna Mouglalis en Gréco (très petit rôle) et les grosses erreurs de casting se nomment Philippe Katerine en Vian et Sarah Forrestier aka France Gall, présentée comme une cochonne alors que la vraie a toujours été très pure et pudique; sans oublier que physiquement, il n'y a aucune ressemblance. Autre point négatif, la période Gainsbarre, la meilleure, est rapidement passée en revue, alors que le billet de 500 balles ou encore le tournage du clip de "Lemon incest" auraient dû y figurer, de même que sa vengeance envers les nazis avec l'excellentissime "Rock around the bunker".
Sinon, le film de Sfarr est un petit bijou que les médias, en tant que débiles mentaux incultes, n'hésiteront pas à détruire.
Publié le 19 février 2010
Les frères Coen nous surprennent là où nous ne les attendions pas, c'est-à-dire dans le registre de la comédie à la fois grinçante et mélancolique (on est très loin du burlesque volontaire de Burn After Reading).
Avec une stupéfiante séquence d'ouverture en Yiddish, constituant un véritable tour de force dramaturgique; les frangins les plus géniaux de l'histoire du cinéma moderne nous livrent une variation sur le livre de Job, à savoir que tous les malheurs du monde s'abattent sur un homme bon, mais avec une sensibilité et une ironie dont eux seuls ont le secret.
Porté par un humour subtile et des situations décalées, A Serious Man se hisse très facilement dans le top 3 des meilleurs films de Ethan & Joel, derrière Fargo et devant le sublimissime No Country for Old Men. Bien plus qu'un grand film existentialiste, une oeuvre tragi-comique dont le mot "perfection" sied à merveille.
Publié le 22 mai 2008
Voici ma critique : ATTENTION, SPOILERS !!!
Cela faisait dix-neuf ans que nous attendions le retour du célèbre archéologue au chapeau et au fouet. Le peur d'une déception était au rendez-vous, car les catastrophes de The Lost World de Spielberg en 1997 et de Star Wars Episode I deux ans plus tard trottent encore dans nos têtes, et que ce retour d'Indiana Jones avait de quoi laisser sceptique, croyant que ce quatrième épisode soit justement atteint du même syndrôme des deux films évoqués ci-dessus.
En cette date du 21 mai 2008, le verdict tant espéré tombe enfin. Le Royaume du Crâne de Cristal s'apparente-t-il plutôt à une lourde déception ou bien à une bonne surprise doublée d'un plaisir immense ?
Dès les premières images, nous sommes vraiment transportés dans l'intrigue qui se passe désormais à la fin des années cinquante. Une bande d'adolescents roulent à grande vitesse sur une autoroute déserte en écoutant Elvis à plein tubes. Ils rejoignent des véhicules militaires dont les occupants n'ont pas l'air drôles mais qui décident néanmoins de faire la course pour épater les jolies jeunes filles.
Lorsqu'il rentrent dans la base militaire, les choses sérieuses commencent. Dans ces voitures, se trouvaient des agents Soviétiques travaillant pour le KGB qui ont enlevé Indy et son ami de guerre, Mac.
Menacés de mort par la diabolique Irina Spalko qui recherche un objet archéologique fort convoités, ils sont contraints de s'échapper en utilisant la manière forte.
On retrouve, dans ces vingt premières minutes, les ingrédients qui nous faisaient rêver lors des trois premiers films : ouverture sur une montagne de terre (détournement du logo Paramount), ciel bleu, suspense, humour et action. Lorsque Jones met son chapeau et regarde ses ennemis d'un air menaçant, le tout accompagné par une bribe du célèbre thème composé par John Williams, l'émotion nous submerge et la nostalgie bat son plein.
Pourtant, cette scène d'ouverture paraît plus longue qu'à l'accoutumée, on peut même dire qu'elle contient deux parties. Tout d'abord, celle de l'entrepôt dans laquelle un plan très court sur l'Arche d'Alliance nous rappelle de bons souvenirs; et puis, celle du village fictif qui sert de terrain pour essais nucléaires. Nous sommes en pleine guerre froide et le pessimisme fort présent dans les précédents films de Spielberg est une fois de plus présent, même si il est plus léger et ne choque pas tant que ça.
Une fois cette fabuleuse première demi-heure dépassée, notre première impression se révèle fort positive. Tout en baignant dans la nostalgie des opus précédents, Spielberg rend un magnifique hommage à l'environnement cinématographique des 50's grâce à sa photographie splendide, dans la parfaite continuité du travail de Douglas Slocombe et bien adaptée à l'époque dans laquelle se déroule l'histoire, s'intégrant sans problème à la saga.
La suite utilise plus ou moins le même schéma que celui des Aventuriers de l'Arche Perdue. Si l'on passe l'interrogatoire où Indy est soupçonné de sympathies communistes, le revoir en tant qu'enseignant est plaisir sincère. Marcus Brody n'étant plus (les références sont sympathiques, surtout celle lors de la poursuite sur le campus universitaire) là, c'est le doyen de l'établissement qui annonce une mauvaise nouvelle à notre héros.
Condamné à continuer sa vie d'aventurier, le voilà flanqué d'un jeune rebelle, campé par un Shia LaBoeuf juste et pas envahissant, dans une jolie parodie de Marlon Brando qui passe plus son temps à se coiffer qu'à réfléchir à l'aide qu'il pourrait apporter à Indy. Une fois de plus, l'ambiance des années 50 se fait grandement ressortir, surtout lorsque le jeune Mutt déclenche une gigantesque bagarre dans un bar, ce qui profite à Spielberg de faire un léger clin d'oeil à Retour Vers le Futur.
A ce moment-là, nous avons facilement atteint une heure de projection, et le plaisir de ses retrouvailles est toujours immense.
Hélas, dès l'arrivée de nos deux compères au Pérou, le film devient excessivement bavard et multiplie les incohérences scénaristiques.
Si il y a bien une chose négative à évoquer dans Le Royaume du Crâne de Cristal, c'est son scénario d'une bêtise consternante. Alors que des scripts intéressants avaient été écrits par Frank Darabont et d'autres scénaristes, ceux-ci se sont fait renvoyés par George Lucas, qui n'appréciait pas que la fin qu'il exigeait n'y figure pas.
Premièrement, les retournements de veste incessants de Mac ont de quoi être insupportables. Une fois ami, puis traître avant de chercher une rédemption (à plusieurs reprises dans le film), il est le personnage inutile par excellence, avide de gloire et de richesse et porteur d'un humour aux ras des paquerettes.
Ensuite, l'introduction du personnage de Marion ne tient pas la route tant il est expédié rapidement. Alors que les retrouvailles entre Indy et elle étaient amusantes il y a 27 ans, celles-ci n'ont aucune saveur et sentent le réchauffé, mais c'est surtout à l'interprétation d'une Karen Allen momifiée que nous croyons pas. Pire encore, la trouillarde amoureuse du premier film se révèle être une excellente conductrice dans la jungle, n'ayant aucune crainte de tomber dans le vide. Alors qu'Indy n'a pas changé mis à part quelques rides et des cheveux blancs, Marion est du coup transformée en une action-woman quasi invincible que rien n'arrête.
On continue avec Oxley, le vieil archéologue kidnappé par le KGB. Suite à sa découverte du fameux crâne, l'homme est devenu fou, à la limite de l'autisme pur, répétant toujours les mêmes phrases. Ce qui choque, c'est le retour soudain de sa lucidité dans la cité d'or, comment un vieil homme proche de la mort peut-il regagner la raison et reconnaître ses amis sans s'en méfier ? Le jeu de John Hurt est bon pendant dix minutes, mais commence à sérieusement lasser vers la fin.
Ce qu'a écrit David Koepp a bien évidemment été imposé par Lucas, c'est dont lui le responsable de ce fiasco scénaristique, histoire qui devient de plus en plus confuse vers la fin, n'apportant aucune fascination ou intérêt concernant les pouvoirs du crâne, donnant lieu à une confusion entre les Ughos et les Maya.
L'autre point négatif de ces nouvelles aventures d'Indiana Jones est clairement la fin. Spielberg a fait le tour des bonhommes venus d'une autre planète mais il a fallu que Lucas les insère dans l'histoire pour légèrement dénaturer le mythe du personnage. Malgré l'hommage volontaire aux films fantastiques des années 50, cette révélation finale a de quoi dégoûter les fans par son manque de dynamisme et d'originalité. Spalko se retrouve seule face aux squelettes qui se reforment de manière frontale pour donner naissance à un alien en images de synthèse, mal foutu et au design trop classique.
Pompé sur celui du premier épisode, ce final visuellement moche ne ressemble pas du tout à ce que Spielberg nous avait habitués, tant les couleurs ne sont pas du tout adéquates et fait sombrer ce dernier quart d'heure dans le ridicule le plus total, pouvant provoquer quelques éclats de rire. La soucoupe volante venue de nulle part enfonce le clou et ne respecte pas vraiment l'univers du personnage.
Mis à part ces deux points négatifs, ce quatrième Indiana Jones est un excellent divertissement brillament mise en scène, au découpage très lisible (Michael Kahn donne ici une véritable leçon de montage), au plaisir ultra communicatif.
Harrison Ford, du haut de ses 65 ans, s'en donne à coeur joie et se montre physiquement crédible dans son rôle qui a fait de lui une icône du cinéma Américain.
Retour gagnant !
Publié le 23 septembre 2007
Le cinéma indépendant US est arrivé à un stade où le moindre ratage est impardonnable et surtout où les sujets casse-gueule n’ont pas droit à une quelconque sous-exploitation ou évocation clichesque.
Avec « Little Children », Todd Field dépeint une société Américaine bourgeoise dont les personnages prisonniers de leur apparences en critiquant sans cesse le mauvais regard des autres. Les petits enfants, ici au centre de l’histoire (les gosses des deux personnages principaux), ne sont pas ceux que l’on croît.
Patrick Wilson et Kate Winslet interprètent un homme et une femme qui ont raté leur mariage, qui ne se sentent pas heureux dans leur couple (le mari de Winslet est un adepte des « t’chats » cochons et l’épouse de Wilson est une mère absente) mais qui tomberont amoureux l’un de l’autre. Leur histoire d’amour se retrouve donc au milieu d’autres histoires complexes au cours desquelles les gens ne font confiance qu’à leurs préjugés hâtifs.
Field filme des personnages paumés avec une émotion subtile, notamment ce pédophile en quête de rédemption que tout le monde veut assassiner dans un but purement sécuritaire, sans se soucier de l’aspect humain (car le cinéaste donne une gigantesque dimension humaine à Ronnie ; derrière son appétit sexuel se trouve un homme sensible qui, malgré la perte de son contrôle, veut absolument se racheter et oublier son horrible passé).
On peut féliciter Field d’avoir opposé la « madame-tout-le-monde » à la beauté naturelle incarnée par Winslet, à la bimbo fragile campée par la magnifique (dans tous les sens du terme) Jennifer Connely.
Les scènes intimes sont d’une beauté à couper le souffle et Field se permet de gros écarts de style : les scènes oscillent entre la curiosité, l’implicite et l’explicite, la chaleur et la froideur, etc…
On notera l’intensité de la scène de la piscine dans laquelle Ronnie est lâché dans l’eau, tel un requin à deux doigts d’attraper sa proie, permettant ainsi au réalisateur d’ajouter une touche de suspense bienvenu.
Alors que le sort de Ronnie nous surprend, cette même fin déçoit tant elle paraît banale, politiquement correcte (alors que le reste du film montre un portrait osé et incorrecte de l’Amérique bushienne) et cassant un rythme lent, mais soutenu.
Cependant, « Little Children » reste un film intéressant, fascinant, dérangeant et probablement représentatif d’une certaine partie de la société Américaine.
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