Ivergneau

Fabien Ivergneau
  • Ville : Namur
  • Membre depuis le 13/01/2008
  • Nombre de critiques : 102
Publié le 27 juillet 2009
 Brüno : Inconscience ou science d'un « con » ? A l'instar d'une certaine boisson médiatique, ce dernier Sacha Baron Cohen secoue véritablement la pulpe du fond ! Une transe satirique où l'on se sent parfois complice d'une provocation poussée à l'extrême... On prétend que la reine d'Angleterre, elle-même, était friande des « Da Ali G Show » qui ont sévi sur le petit écran britannique début des années 2000. Un héritage zygomatique où les protagonistes fantasques et assumés de « sir » Cohen (Ali G, Borat, Brüno), ont relégué, il est vrai, les Monty python et autres Benny Hill ou Mister Bean, au rang de bouffons pour bambins. Ce qui secoue véritablement la pulpe du fond, pour plagier l'accroche du début, en « subissant » l'adaptation sur grand écran de Brüno, c'est de voir un personnage de fiction venir se greffer sans complaisance sur des rushes documentaires. Cautionner, ticket à l'appui, les errances dilettantes et résolument provocantes d'un homosexuel en proie à la célébrité, perdu entre journalisme d'investigation et télé-réalité. Le caractère artificiellement agencé de « certaines » de ses entrevues, n'édulcore en rien le « droit » de quitter la salle sans justificatif, tant cette fresque iconoclaste génère par instants un tel sentiment de honte. L'insupportable caricature éculée de la folle qui batifole, en atteste ! « Michael Youn au meilleur de son être passerait pour un enfant de chœur, face au culot à la lisière de l'inacceptable de ce dissident de la pellicule... » Mais on reste ! On reste parce que par le biais de ce pamphlet humoristique, il « ose » néanmoins confronter l'ostensible préférence sexuelle d'un « inverti », à ce que la société tolère de plus rigide et péremptoire. Le dogmatisme puritain et sectaire d'une frange américaine, la fatuité du monde de la mode et du « people », le zèle belliqueux et patibulaire des « pas gentils » qu'ils soient en djellaba ou en kaki d'ici !  Égratigner le conformisme cinématographique, rayer le vernis des bonnes consciences, deux raisons suffisantes de rester vissé sur son siège. L'homosexualité s'imagine, se suppose... mais ne s'apprivoise peut-être pas encore tout à fait au quotidien ! La morale de cette histoire sans doute ?

Publié le 21 juillet 2009
 Brüno : Inconscience ou science d'un « con » ? A l'instar d'une certaine boisson médiatique, ce dernier Sacha Baron Cohen secoue véritablement la pulpe du fond ! Une transe satirique où l'on se sent parfois complice d'une provocation poussée à l'extrême... On prétend que la reine d'Angleterre, elle-même, était une prosélyte consentante et convaincue de ses séries télévisées (Da Ali G Show) qui ont sévi sur le petit écran. Un héritage zygomatique reléguant, il est vrai, les Monty python et autres Benny Hill ou Mister Bean, au rang de bouffons pour bambins. Ce qui est extrêmement dérangeant dans ce film, c'est de greffer un personnage de fiction (Brüno) sur des rushes documentaires promenant cet homosexuel en quête de célébrité entre télé-réalité et journalisme d'investiguation. On aurait parfois envie de quitter la salle tant cette fresque iconoclaste nourrit un sentiment de honte. Même Michael Youn au meilleur de sa forme passerait pour un enfant de chœur ! Mais on reste ! On reste parce qu'au travers de ce pamphlet humoristique, il « ose » confronter l'ostensible préférence sexuelle d'un « inverti » à ce que la société a de plus rigide et péremptoire. L'américanisme primaire gavé de graisse saturée et testostérone écervelée, la superficialité du monde de la mode et des « people », l'intransigeance belliqueuse des-pas-gentils qu'ils soient en djellaba ou en cravate d'ici ! Égratigner le conformisme cinématographique, rayer le vernis des bonnes consciences, deux raisons suffisantes de gesticuler un peu sur son siège. L'homosexualité s'imagine, se suppose... mais ne s'apprivoise peut-être pas encore au quotidien. La morale de l'histoire ?

Publié le 7 juin 2009
Home : « Il est trop tard pour être pessimiste ! » Après Al Gore et son climat (Une vérité qui dérange), Jean-Paul Jaud et sa mal bouffe (Nos enfants nous accuseront), c’est au tour de Yann Arthus-Bertrand d’alerter l’opinion avec un documentaire (Home). Une nouvelle synthèse environnementale exhaustive qui campe les traits d’un ultimatum. Tout est lié : l’eau, l’air et la terre. Tout est lié : consommation, exagération, détérioration. Combien de documentaires faudra-t-il encore avant qu’on finisse par admettre qu’il est en train de se passer effectivement quelque chose ? Combien de personnages respectables braveront-ils encore les salles obscures avant qu’on finisse par admettre que le confort des uns se construit sur l’inconfort des autres ? Attendre qu’une catastrophe écologique significative frappe de plein fouet les alcôves domestiques des bien lotis ? A vrai dire, ce n’est pas la planète qui est en danger, mais le lieu de vie des Hommes (son biotope). La planète s’accommodera très bien d’un trou dans la couche d’ozone, de l’érosion des sols, de la montée des eaux, de la disparition de la flore et de toutes espèces animales recensées à ce jour… L’unité de temps de la Terre, n’est pas l’unité de temps de l’Homme. Il lui est loisible de traîner un peu pour panser ses plaies. Des milliers, voire des millions d’années, s’il le faut ! On ne doit plus penser pour nous, mais pour les générations à venir. Sortir du carcan égocentrique symptomatique de notre monde « moderne ». Un peu à l’image du capitaine du Titanic mettant la barre à tribord toute (ou bâbord !) afin de tenter d’éviter l’obstacle qui se présentait à lui. Une longue période préjudiciable s’est écoulée avant que cette masse métallique n’obtempère à l’injonction souhaitée. Même si on apporte aujourd’hui un début de solution, on ne pourra stopper sur le champs le processus du réchauffement climatique. On ne pourra juguler le flux migratoire des populations en quête de sécurité et de nourriture. C’est tout un équilibre qui se brise, tout un système qui vacille. Qui osera remettre en cause notre mode de fonctionnement actuel et notre dévotion à la croissance ? Une boulimie consommatrice qui pose les bases de notre économie et raison de vivre. Il sera difficile de faire admettre les évidences qui se dessinent. Difficile de faire admettre que nous sommes « tous » du haut de notre civilisation industrialisée, des pollueurs en puissance. Surtout lorsque l’on se déculpabilise derrière un quotidien amblyope, modèle déposé d’une société. Ce documentaire a au moins le mérite de « booster » les consciences et d’offrir une vision panoramique des problèmes, arguée d’espoir. Une gifle néanmoins cinglante sur la joue droite… à nous de ne pas tendre gauche !

Publié le 23 avril 2009
Nos enfants Nous Accuseront : « Où le comptable passe, la vie trépasse ! » Morde à pleines dents dans une pomme, orchestrique gourmande d’une vie saine et équilibrée par excellence, un acte somme toute innocent et qui pourrait dans notre société « moderne » nous inviter pourtant insidieusement à prendre un « aller simple » pour un monde glabre et émacié : le cancer ! Les raisons ? Des produits de synthèse : pesticides, engrais chimiques, et j’en passe et pas forcément des meilleurs, utilisés régulièrement par d’apprentis sorciers (agriculteurs, pardon !) empoisonnant sciemment non seulement les sols et les aliments, mais hypothéquant gravement le capital santé des grands comme des petits. Il n’est pas rare que certains exploitants refusent de consommer leur propre production. Pas folle la guêpe ! « Les enfants d’aujourd’hui et de demain, seront en moins bonne santé que leurs parents », dixit d’éminents scientifiques. La prise de conscience est une chose… réagir en est une autre ! L’homme détruit aveuglément son environnement, scie inexorablement la branche sur laquelle il est assis. Après le climat (Une vérité qui dérange, d’Al Gore), voici l’alimentation qui défraye à son tour la chronique cinématographique avec un documentaire explicite et inquiétant. C’est tout un monde qu’il faudrait repenser, tout un système qu’il faudrait modifier. L’apologie du libéralisme absolu, cette course effrénée contre le temps, cette dévotion à la croissance (économique celle-là !) conduit petit à petit notre civilisation à sa perte. Oser faire marche arrière et recréer des poches légumières endémiques exemptes de saloperies artificielles, le tout sous l’égide bien sûr d’une population approbative. Consommer avec modération des produits de saison : on se fout d’avoir des tomates bravant l’hiver au goût de chiottes (flotte, lapsus !), ne plus subir le dictat abrutissant des publicitaires et de certaines institutions, suspendre les hostilités envers la nature et signer un pacte « vert » de non-agression universel. Respect et raison, le début d’une nouvelle ère ? Au diable les décideurs de l’ombre, les lobbies assassins qui ont à la place du cœur, un tiroir-caisse. L’abolition des frontières et la monnaie commune ? L’abolition des frontières, la création d’une Europe économique avant d’avoir tenté de poser les bases d’une Europe culturelle et sociale, autant d’aberrations qui creusent un peu plus chaque jour, un puits d’orgueil infiltré de suffisance, une fosse élitiste et sourde tutoyant l’irréversible : dichotomie de fait entre une existence anesthésiée par les addictions impératives du quotidien et la réalité de terrain. Jamais cette planète n’a été aussi incertaine : l’insécurité permanente dans les villes, les agressions répétées grignotant du terrain sur l’intransigeante trotteuse : on se fait voler ou poignarder en pleine après-midi. Brutalisé pour un morceau de plastique qui fait bip-bip ou bang-bang ! Terrorisme et cataclysmes se lovant, quant à eux, licitement dans le dictionnaire. Lorsque jadis on franchissait la lisière d’un pays, on posait un acte symbolique et militant, on allait vers l’autre, vers sa culture, partageait sa devise, on découvrait, s’enrichissait dans le bon sens du terme ! Jamais un Belge ne deviendra un Français ou un Allemand ; l’Italien, Espagnol ou Hollandais ! Les « Etats-Unis » du Vieux Continent ne sont pas les Etats-Unis d’Amérique : l’éclectisme des us et coutumes est beaucoup trop pesant, lourd de traditions et d’identité. L’écologie et les Ecolos ? L’écologie n’est plus une absurdité prêchée par quelques farfelus adeptes de la cigarette qui rend moins « con », de la tartine aux orties et de la cabane à mouches au fond du jardin, mais des gens tout à fait respectables dont les programmes électoraux, incontournables aujourd’hui, introniseront, tel un Messie, l’antidote rédempteur tant espéré. En tout cas, accordons-leur le bénéfice du doute, afin que les générations futures ne nous accusent pas !

Publié le 17 avril 2009
Quel régal quand Dujardin fait du Dujardin, un humour instinctif adepte inconditionnel du SAE (simplicité, authenticité, efficacité), son faciès expressif béni des Dieux de la comédie répondant, à nouveau, d’un succès annoncé et attendu. La vérité d’un film se trouve bien souvent dans la salle : sentir cet éclectisme visuel se gausser sans retenue des répliques niaises d’un agent franchouillard aux compétences plus que douteuses, contre-pied avoué d’un épieur anglais exonéré d’aspérité, donne à ce second volet, pour un même plaisir (voir : Le Caire Nid D’Espions), un passeport vers la réussite. Du rire gras aux aphorismes faits maison, un inventaire sur mesure pour cet espion crétin et machiste, plus proche d’un désastre ambulant que d’une véritable arme fatale. Le Sean Connery du pauvre en quelque sorte ! Il joue notre Loulou, partage et aime ça : un reliquat de son passé de saltimbanque de groupe (Nous C Nous), où les répliques incisives et souvent drôles présageaient d’une suite heureuse. Pour lui en tout cas ! Bon sang ne saurait mentir…

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