Fritzlangueur
- Ville : Lille
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- Nombre de critiques : 218
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Publié le 25 novembre 2008
« L’heure d’été » trouvera un écho plus qu’attentif à ceux qui ont subi cette situation, suite au décès du dernier parent survivant. Il décline avec justesse les séquences du deuil et cible chaque réaction possible des enfants à travers les personnalités d’Adrienne, Frédéric et Jérémy joués par trois acteurs grande classe. Mais Assayas pousse plus loin le réflexion en s’interrogeant sur ce qui restera de l’artiste et de son œuvre après sa mort. La construction se veut à tiroirs.
Sur le deuil des parents. Son regard est implacable, vraisemblablement inspiré d’un vécu. Les enfants ont constitué leur propre noyau de vie, occultant en partie l’enfance, et se souciant guère de l’âme du défunt, ce qu’il en reste ou en restera à travers, des objets, la maison familiale et surtout des sentiments, souvent ignorés. Leurs propres besoins pour orchestrer leur existence, les poussent bazarder, liquider, brader tout ce qui a façonné l’individualité du géniteur. Ce qui faisait le charme de l’enfance, la maison comme entité fédératrice, devient tout à coups un poids, un encombrant fardeau. L’appât du gain qui motive certain aussi, fait qu’il faut ramasser la mise, vendre au plus vite et qu’importe ce que cela représente ou a représenté. Le personnage de Frédéric, un temps résiste, voulant conserver le mausolée, mais très vite il se range à la raison des survivants. Les rancoeurs se cachent, les gestes d’amour se simulent pour la convenance. La souffrance se fait silencieuse, le défunt est définitivement mort.
Comme évoqué plus haut, l’intelligence du propos veut que l’artiste subisse le même sort. De l’état d’humain presque ordinaire qui s’est construit au gré de rencontres, d’observations il devient dans la postérité une espèce d’entité bancable, apprécié. Il est répertorié, catalogué, analysé sur son œuvre « pour le souvenir ». Son humanité disparaît avec ses contemporains, ceux qui l’ont côtoyés, aimés d’abord comme une humain. Sa vie personnelle s’étiole et devient un acteur désincarné de tel ou tel courant d’art.
Et l’utilité de l’œuvre dans tout cela ? Cette délicate question est aussi mise à mal dans le film. Assayas élève le débat. Il souligne que la compréhension de l’art se limite à une petite tranche d’individu, une élite. Elle seule peut cerner ce qui se cache derrière l’œuvre, estimer le talent, interpréter l’ambition de l’artiste, quitte à le trahir parfois. Pour le grand public, les musées sont objet de visite. Il passe devant les œuvres à la va vite, en consommateur distrait, voire blasé la scène du touriste avec son portable). Il n’absorbe qu’une infime partie de la richesse qui lui est proposée. L’artiste, quand il est côté est exposé, de grandes rétrospectives impersonnelles sont organisées selon des phénomènes de mode indéfinissables. Pour les autres, tombés dans l’oubli, au mieux ils sont mis en valeur avec un strict minimum ou sont carrément relégués dans les réserves qui regorgent de peintures, sculptures… d’artistes qualifiés un temps de génie et dont plus personne ne se préoccupe ou presque.
A travers ces réflexions, Olivier Assayas dresse un constat très sombre, presque Satrrien. Qu’il soit connu ou non, l’individu en tant que tel disparaît dès la minute de sa mort. On ne conservera de lui que la symbolique d’une vie, une interprétation. Tout ce qui a constitué son parcours disparaît de la mémoire collective à jamais dans presque tous les cas. C’est effroyable, mais tellement bien vu.
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Publié le 25 novembre 2008
Vilaine, « se dit d’une personne qui n’est pas noble, méchante, désagréable et laide ». Tout est question de sémantique, mais aussi d’interprétation. Il est certain que bien des spectateurs s’attendaient à retrouver une jeune « Tatie Danielle » dans le personnage de Mélanie. On la voulait délicieusement abjecte, galleuse et méprisable… A la place on découvre une pauv’fille au physique ingrat, vulgaire qui inspire plus de pitié que de ressentiment. Benes et Mauduit ne se sont pas foulés, ils ont pompé le personnage dans le cinéma des années 80 (genre « Les hommes préfèrent les grosses »… qui a dit filiation ?) et pas que cela d’ailleurs ! On se croirait revenu direct à la grande époque des Zidi, Pecas et tutti quanti. Une laideur ambiante, des acteurs pour la plupart hystériques ou caricaturaux, un scénario dépourvu de toute finesse. Un concept ? Non un ratage. Seule Marilou Berry s’en sort plus d’ailleurs pour le capital de sympathie qu’elle dégage que le reste. Et dire qu’on aurait pu rire… Sur le coup c’est loupé ! Lamentable.
Publié le 25 novembre 2008
Desplechin a placé son ambition pour ce film dans une œuvre entre « Fanny et Alexandre » et « Saraband » d’Ingmar Bergman, excusez du peu… On l’avait quitté en 2004 sur l’abominable, euh non le minable tout court « Roi et reines », allait t-il replongé dans ses travers ? Pas tout à fait. Ce film est une demie réussite. Jamais je n’aurai imaginé dire ça un jour de ce trublion malsain. L’idée de nous plonger dans le mal être familial sur cette période si particulière qu’est la préparation de Noël, avec son fiel habituel est séduisante. Tout autant le casting, sur lequel repose d’ailleurs la principale qualité du film. Deneuve, Emile Berling, Poupaud, Mastroianni et Roussillon sont impressionnants à l’opposé de Carré et la grosse dinde de Devos. Il se débarasse un peu aussi de son maniérisme et de sa prétention forcenés pour donner parfois de belles et grandes scènes (rapports amoureux Deneuve/Roussillon, rapports de haine Deneuve/Almaric…). Tout se tient à peu près jusque le jour du 24 décembre, l’intérêt est constant. Après, Desplechin desplechinise, sa mise en scène névrosée accable tout et l’on a qu’une envie en finir avec ce Noël pourri. On sent un progrès dans le parcours de ce réalisateur et l’on se met à espérer que le prochain soit enfin un vrai film. Autre qu’un défouloir malsain et indécent provoqué par une vision subjective de l’humanité d’un mec qui n’a pas compris grand chose à la vie. Bergman en ce sens et dans les films cités plus haut pouvait se permettre d’écorner les rapports humains, il a vécu et ne s’est pas satisfait de conter les heurs et malheurs de sa petite bulle très protégée de laquelle il n’est jamais sorti.
Publié le 10 novembre 2008
Après cinq ans d’absence on attendait énormément du dernier Doillon, d’autant plus qu’il retrouve ici son comédien du « Petit criminel », l’un des ses meilleurs films. L’impression générale que donne « Le premier venu » repose sur une volonté minimaliste de raconter une histoire sur le fil du couteau. Peu de moyens, un paysage banal de bord de mer comme scène de théâtre pour des comédiens rêches en aplomb. Là dessus Doillon n’a rien perdu. Sa force réaliste à souligner des destins ordinaires brisés, fragilisés qui au final livrent des caractères abrupts et empathiques à la beauté sauvage. Tous les comédiens, Thomassin en tête, la révélation Clémentine Beaugrand, François Damien ou Gwendoline Godquin sont épatants. Ils se donnent à fond à l’instinct occasionnant le meilleur et de temps en temps le pire. Car le gros défaut du film repose justement sur un manque au niveau direction de leur jeu. Doillon a toujours laissé une place à l’improvisation, mais avec un savant dosage calibré, ici, ça manque de rigueur et frôle de temps en temps l’amateurisme.
Publié le 10 novembre 2008
Christopher Nolan avait su surprendre en revenant en 2005 sur une franchise dont on pensait avoir tout vu du pire (Martinson) au meilleur (Burton). Avec « Batman begins », il donnait un ton, un style et une expression du super héros différents. J’attendais donc beaucoup de « The dark Knight »… Et comme souvent en pareil cas, la déception fut de mise. Non pas que le film soit mauvais. Techniquement parlant il est parfait et donne droit même à des moments impressionnants. Mais il y a un côté passablement inachevé manquant de liant qui donne une désagréable impression de passer d’une scène à l’autre sans cohésion. L’esprit comics est aussi un peu « fourvoyé » par des dialogues longs et souvent vides d’intérêt. Reste bien évidemment Heath Ledger dont la destinée tragique vient accentuer la prestation à un point tel que Christian Bale en devient falot à la limite de la figuration. Ce Chevalier noir ne m’a pas ennuyé, il ne m’a tout simplement pas intéressé. Je suis passé totalement à travers !
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