Chamouth
- Ville : Liège
- Membre depuis le 17/02/2007
- Nombre de critiques : 13
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Publié le 21 août 2008
Je m'attendais à des critiques unanimes et suis pour le moins surpris du vent glacé que certains font souffler sur ce film... Avons-nous vu le même film ? Résumons le propos: Batman (Christian Bale) a pris du galon à Gotham City et décide de soutenir le super-procureur Harvey Dent (Aaron Eckhart) dans sa croisade contre le crime organisé. La mafia en tremble sur ses bases et, de son côté, se paie les services de l'imprévisible Joker (Heath Ledger) qui, ne suivant que ses propres appétits de contrôle et de destruction, finit par terroriser la ville entière et pousse Batman à mettre bas les masques. Cinq lignes pour le pitch, mais aucune longueur: l'intrigue patiemment mise en place et les personnages bien campés, les situations ne cessent de se complexifier jusqu'au bouquet final - une variante terroriste sur le fameux "dilemme du prisonnier". Heath Ledger incarne un joker enragé qui rappelle certes Jack Nicholson, mais davantage dans ses grands rôles que dans sa (bien pâle) version du joker dans le Batman (raté) de Tim Burton. La prestation de Christian Bale souffre un peu de la comparaison - la faute aux scénaristes qui n'avaient pas grand chose d'intelligent à lui faire dire... Le reste du casting est parfait - Michael Caine, Morgan Freeman, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal irréprochables. Apparemment, certaines personnes se sont "ennuyées" après 1h30... Sans doute leur auge de pop-corn était-elle vide ? Les cascades trop peu spectaculaires ? La fiancée de Batman trop peu craquante ? Que voulez-vous, à défaut de lire un argumentaire élaboré dans leurs critiques, j'en suis réduit aux conjectures... "Batman begins" avait placé la barre très haut. "The Dark Knight" mérite tous les superlatifs - n'en déplaise à tous les blasés, grincheux et pisse-froid qui saturent le forum de leurs commentaires aigris. Je leur donne raison sur un point: le film contient quelques dialogues improbables et bien mal torchés. Sans quoi ce Batman-là mériterait 9.
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Publié le 21 août 2008
En net progrès par rapport à la première suite (La Momie 2, si vous me suivez), mais on reste très en dessous de l'ahurissant premier épisode. Je doute qu'il y ait un 4ème épisode: les personnages ont déjà vieilli, on en est déjà à impliquer le fils du héros dans les aventures de papa-le-tueur-de-momies (ça doit être le syndrome Indiana Jones). Bref, la recette ne prend plus, et il n'est pas très difficile de situer la faille. On peut vainement investir des millions en effets spéciaux, si les dialogues ne sont pas à la hauteur, rien ne tient debout. J'entends déjà l'équipe de production: "Bon, c'est bien joli ça, mais c'est pas tout, on devrait déjà être en train de tourner, laissez tomber les dialogues, les gars, ça passera quand même !". Il semblerait que même les traducteurs pour la version doublée aient dû travailler à toute vitesse, ils ont laissé passer une magnifique faute de langue dans la voix off du prologue: "appartena", nouvelle forme du passé simple du verbe "appartenir"... On devrait leur dire qu'il y a bien d'autres domaines où se montrer créatif - la peinture sur soie, l'origami, le macramé et le scoubidou par exemple ? 5/10 par sympathie pour Brendan Fraser et pour Jet Li, seul rescapé du naufrage.
Publié le 29 juillet 2008
J'ai vu ce second film de Bouli en France, et je peux vous dire que personne n'a quitté son siège avant la fin du générique. Il y a une réelle originalité à ce cinéma, qui n'est peut-être pas immédiatement perceptible à certains spectateurs belges - familiarité des décors, sans doute, ou manque de conviction d'un public peu curieux et blasé d'avance. Je m'attendais à un film tendre, drôle et décalé, mais la palette est bien plus large et surtout plus sombre, plus âpre. Pas de cinéma social pourtant: là où les "Frère" seraient restés en zone urbaine, focalisés sur le quotidien de leurs personnages , Bouli transporte son sujet dans la campagne et les forêts wallonnes ("Je te préviens, je prends jamais l'autoroute"), hallucinées et étirées aux dimensions du Grand Ouest (break Chevrolet oblige). Il y a, curieusement, quelque chose du "Calvaire" de Fabrice du Welz dans ce film (deux films d'ailleurs hantés par un terrifiant Philippe Nahon) - une tension certes toujours désamorcée par le comique de situation, qui n'explose jamais au grand jour, mais forme la trame souterraine de l'existence de ces individus improbables. Le petit tox finira d'ailleurs englouti à nouveau par "la ville" (Liège et son ancienne Grand'Poste), Bouli devant désormais enterrer seul le chien et ainsi "marcher sur les tombes", comme l'avait prédit le voyant des Ardennes... Et dire qu'il y en a que ce genre de cinéma "ennuie" ou ne touche pas ! Tant pis pour eux...
Publié le 15 juin 2008
Le public serait-il trop blasé pour apprécier la nouvelle proposition de M. Night Shyamalan? Ou l'horizon d'attente créé par le cinéaste depuis le "Sixième Sens" est-il si vaste qu'on s'étonne, de film en film, qu'il ne puisse renouveler sa garde-robe d'effets ? Soyons clair, "Phénomènes" n'est pas le film de l'année, et il pâlit un peu en regard des précédents films du réalisateur. En noir et blanc et réduit à une demi-heure, il aurait fait un très bon épisode de "The Twilight Zone" - à croire qu'il y a en Syamalan un peu de Rod Serling, et beaucoup de l'âge d'or de la science-fiction. Spécialiste des fins à "twist", il renoue ici encore avec le premier degré de "Signes": l'hypothèse écologique, tenue du début à la fin, fera fuir les sceptiques mais imposera au moins un cinglant démenti à ceux qui voyaient dans "Le Village" une pastorale subtilement réactionnaire. Enfin, "Phénomènes" marque aussi une régression par rapport à "La Jeune Fille de l'Eau": un mauvais bégaiement, quelques tics que ne rattraperont pas de très belles images de la Nouvelle Angleterre et une cinématographie une nouvelle fois irréprochable (quoiqu'en pure purte). Faites maintenant un effort pour oublier que vous attendiez ou redoutiez peut-être beaucoup de ce film, et il reste 1h30 d'un cinéma très intrigant, à la beauté un peu glacée et au charme rétro.
Publié le 11 juin 2008
Non, JCVD n'est pas "fidèle à lui-même": il se trouve même, pour la première fois, là où personne ne l'attendait. Dans un endroit improbable, un film portant son nom, qui le met en scène et où il joue son propre rôle, et même un rôle à l'intérieur de ce rôle. Où Jean-Claude van Damme se retrouve pris au piège de sa propre image par les braqueurs de la Poste de Schaerbeek... Où il se fait prendre en photo par les types du video club en face de la banque... Où il se fait sermoner par sa conductrice de taxi parce qu'il refuse courtoisement de lui faire la causette pendant le trajet qui l'amène à ladite banque... Où il se retrouve à ironiser devant ses propres proverbiales conneries sous cocaïne face aux autres otages du braquage... Où même le Procureur lui sort du "aware" pour lui retirer la garde de sa fille... Où il se retrouve à mendier du boulot à son agent parce que Steven Seagal, qui a coupé sa queue de cheval, vient de lui piquer un rôle... C'est un peu "J'avais rêvé d'être un gangster" avec Jean-Claude van Damme dans son propre rôle... Ce n'est pas aussi étonnant de bout en bout, mais c'est, assurément étrange, totalement atypique. Enfin, j'ajouterais que ce n'est pas une loufoquerie belgo-belge de plus: tout ne repose pas sur le jeu de miroir où Van Damme regarde JCVD se perdre avec lucidité et ironie dans la grise et morne banlieue bruxelloise. Il y a de réelles qualités cinématographiques, comme cet époustouflant plan-séquence d'ouverture où van Damme refait du van Damme, avant de se faire retourner par une tête à claque de jeune réalisateur asiatique à qui il rétorque qu'à son âge, refaire une telle séquence, c'est beaucoup demander... A voir.
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