« Sa majesté Minor » restera pour beaucoup, et moi le premier, un mystère. Difficile de cautionner un tel film, plus encore de le flinguer. Que Jean-Jacques Annaud, réalisateur émérite de « La victoire en chantant », « Le nom de la rose » ou encore « L’ours », revendique cette espèce de fabliaux paillard relève de l’étrange. Lui qui nous a habitué par le passé à des œuvres carrées esthétiquement et techniquement, il semble se délecter ici à brouiller les pistes allant presque à l’antithèse de ce qui faisait sa touche personnelle. Dans cette optique, on regrette le manque de cohésion du récit déjà light à la base, des effets spéciaux qui vont de l’excellence (le personnage de Pan) à un amateurisme proche d’un cinéaste du dimanche (la contre plongée sur l’île, le centaure…), un montage incertain avec des dialogues coupés sur les raccords, des acteurs en roue libre, des anachronismes de langages, chaque personnage ayant son propre mode d’expression : entre vocabulaire moyenâgeux et expressions populaires d’aujourd’hui. Il y a à l’inverse des moments prestigieux (la scène d’intronisation, la parade…) mais ils évoquent tous des réminiscences de ses œuvres précédentes et notamment « La victoire en chantant », « La guerre du feu »… La bande originale excellente de Javier Navarette illustre parfaitement cette démesure de l’absurde. Au final, il nous reste un film, certes irrationnel et quelque peu iconoclaste, mais plutôt agréable à voir. Je le disais en préambule, cela tient du mystère. |