Un frère, une sœur. Un drame rousseauiste
Quelque part sur le delta du Danube, un jeune homme revient dans son village natal. Il trouve une mère qui a refait sa vie, une demi-sœur qu’il ne connaît pas. Ayant constitué un petit capital, il achète une flopée de bois et s’en va bâtir une maison. Sa demi-sœur l’aide, puis, bientôt, le rejoint.
Troisième long métrage de Kornél Mundruczo, présenté à Cannes en sélection officielle, "Delta" pourrait être qualifié de "film de festival" : âpre, lent, contemplatif, mutique comme ses protagonistes.
Un rien sulfureux, aussi, avec un triangle passionnel atypique : un père, qui n’en est pas un, désire sa belle-fille, laquelle succombe à son demi-frère. Les jeux interdits deviennent naturels dans ce drame rousseauiste, sur fond de retour aux sources inviolées. Le scénario n’évite pas toujours son propre déterminisme ni, parfois, quelque pose auteuriste. Mais il se dégage des images une réelle fascination, parfois contre toute attente. Orsi Toth inspire clairement son réalisateur qui avait déjà fait de son corps androgyne et nubile un puissant vecteur érotique dans ses précédents "Pleasant Days" et "Johanna".
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