D'un réalisme crépusculaire, Le piège (titre original : Klopka) parvient à déborder son cadre géographico-culturel
La transformation d'un fonctionnaire en tueur à gages pour sauver son fils. Il y a beaucoup de L'ami américain de Wenders et même un peu de L'inconnu du Nord Express d'Hitchcock dans ce thriller serbe coproduit par l'Allemagne et la Hongrie, et entièrement tourné dans les faubourgs de l'ancienne capitale yougoslave.
Filmé avec une certaine lenteur mais suffisamment d'à-propos par Srdan Golubovic, l'ouvrage dresse avec humanité le portrait nuancé d'un homme aux abois, tout en évoquant la souffrance extrême de deux femmes directement concernées par le drame.
D'un réalisme crépusculaire, baigné dans des couleurs ternes, Le piège (titre original : Klopka) parvient à déborder son cadre géographico-culturel, grâce notamment à la performance de Nebojsa Glogovac qui incarne joliment l'antihéros maudit de ce récit où les codes manichéens sont visiblement réduits à néant.