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Marilyn sous toutes les coutures.

Publié le 11 juillet 2012 dans Cinéphiles

Sa carrière à travers ses films, à revoir à Cinematek...
Le 5 août prochain, on commémorera le cinquantième anniversaire de la mort de Marilyn Monroe, disparue prématurément à l’âge de 36 ans. Cinematek entame, ce 11 juillet, une rétrospective de sa filmographie complète qui se prolongera jusqu’au 28 août. L’occasion pour les cinéphiles, les amateurs ou ceux qui auraient passé le demi-siècle écoulé dans les grottes de Han, de (re)voir sur grand écran une icône absolue du mythe hollywoodien.


Ladies of the Chorus (Les Reines du music-hall) de Phil Karlson (1948)
11/7 à 20h ; 13/7 à 18h
D’abord mannequin, Norma Jean Baker est repérée par le milliardaire Howard Hughes et signe son premier contrat avec la 20th Century Fox en 1947, à vingt ans. Elle devient Marilyn Monroe (Marilyn en référence à l’actrice Marilyn Miller, Monroe étant le patronyme de sa mère). Après quelques apparitions mineures, souvent non créditées, elle passe sous contrat à la Columbia, où elle tourne cette comédie musicale aujourd’hui oubliée. Le film sera un échec et son contrat ne sera pas renouvelé. Mais il donne pourtant, avec le recul, un premier indice de son charme et de ses talents de chanteuse et de danseuse.

Love Happy (La Chasse au trésor) de David Miller (1949)
15/7 à 19h
Marilyn Monroe n’apparaît que dans une scène de ce qui sera la dernière comédie des Marx Brothers. Son magnétisme est tel que les producteurs du film utiliseront l’actrice des mois durant pour faire la promotion du film. Johnny Hyde, agent à la William Morris Agency, la remarque : il accepte de la représenter (et devient son amant) et lui obtient un second rôle de Lolita fatale dans “Asphal Jungle (Quand la ville dort, 1950)" de John Huston (17/7 à 19h), où elle va taper dans l’œil de la critique.

All about Eve (Eve) de Joseph L. Mankiewicz (1950)
21/7 à 18h45 ; 25/7 à 16h45
Joseph L. Mankiewicz, qui a vu Marilyn dans “Quand la ville dort”, l’engage pour jouer dans “All about Eve” face à Bette Davis. Le premier article de fond sur elle paraît sous le titre “How a star is born ?” (“Comment naît une vedette ?”). Sentant sa cote monter, l’actrice renégocie un contrat de sept ans avec la 20th Century Fox. Elle s’inscrit à l’Université de Californie à Los Angeles où elle étudie la littérature et l’art. Elle apparaît pour la première fois à la cérémonie des oscars, pour remettre le prix du meilleur son. En 1951, sur le tournage de “As Young As You Feel (Rendez-moi ma femme)” de Harmon Jones (23/7 à 20h ; 29/7 à 18h), elle rencontre l’écrivain Arthur Miller.

Monkey Business (Chérie, je me sens rajeunir) de Howard Hawks (1952)
7/8 à 21h
Marilyn Monroe joue dans pas moins de cinq films en 1952, dont “Clash by Night (Le Démon s’éveille la nuit, 1952) de Fritz Lang (1/8 à 19h), un drame flirtant avec le film noir, avec Barbara Stanwyck. Mais on retient surtout de cette année-là “Monkey Business” d’Howard Hawks, comédie où elle apparaît pour la première fois en blonde platine, face à Cary Grant et Ginger Rogers. Son image de sex symbol s’installe, notamment suite au calendrier, qui deviendra célèbre, où elle apparaît nue (elle manquait encore de ressource financière). Dans la foulée, la bande-annonce de “Troublez-moi ce soir” (1952), drame mineur de Roy Ward Baker (3/8 à 19h) la qualifie d’“entièrement femme, entièrement actrice”. Un double statut qui va lui coller à la peau.

Niagara de Henry Hathaway (1952)
10/8 à 19h
Bien que l’estimant peu, le producteur Darryl F. Zanuck engage Marilyn pour “Niagara”, à cause de son potentiel commercial. Ce rôle de femme fatale désirant faire assassiner son mari (Jospeh Cotten) va devenir mythique et asseoir la réputation de Marilyn. La critique louera sa performance comme “ouvertement sexuelle”.

Gentlemen Prefer Blondes (Les Hommes préfèrent les blondes) de Howard Hawks (1953)
12/8 à 19h; 15/08 à 17h
Une robe fourreau rose, un collier de diamants et une haie de prétendants en smoking : la chorégraphie de “Diamonds are a girl’s best friends” est passée à la postérité. Dans cette comédie musicale (la seule de Hawks) où elle rempile dans son rôle d’ingénue décolorée et matérialiste (comme s’en souviendra Madonna), Marilyn ne touche pourtant que 18 000 dollars par semaine (sa partenaire Jane Russell en touche 400 000 au total). Sa popularité ne cesse pourtant d’augmenter, avec des films comme “Comment épouser un millionnaire” (1953) de Jean Negulesco (14/8 à 19h) ou “La Rivière sans retour” (1954) d’Otto Preminger (absent de la rétrospective.) – au tournage agité sur lequel Robert Mitchum devra jouer le médiateur entre Marilyn et le réalisateur. 

The Seven Years Itch (Sept ans de réflexion) de Billy Wilder (1955)
19/8 à 19h15 ; 23/8 à 17h
Un an auparavant, Marilyn a rencontré sur le tournage de “La Joyeuse Parade” de Walter Lang (18/2 à 16h45) Paula Strasberg, épouse de Lee, le fondateur de l’Actor’s Studio. Ce dernier accepte de la prendre comme élève. “J’ai travaillé avec des centaines d’acteurs et actrices, et il n’y en a que deux qui sont bien meilleurs que les autres. Le premier est Marlon Brando, et le deuxième Marilyn Monroe”, dira-t-il. “Sept ans de réflexion” consacre l’actrice, qui y trouve sa scène la plus célèbre – et l’une des plus fameuses du cinéma : celle où sa robe immaculée est soulevée par le courant d’air d’une bouche d’aération.

Bus Stop de Josuah Logan (1956)
20/8 à 21h
“Sept ans de réflexion” ayant récolté huit millions de dollars, Marilyn renégocie son contrat avec la 20th Century Fox : 100 000 dollars par film, un droit de regard sur le scénario et le metteur en scène. Elle est désormais accompagnée sur le plateau de Paula Strasberg, sur laquelle elle se repose entièrement pour son interprétation. Si la méthode fut un enfer pour les réalisateurs, elle fut payante pour la comédienne : ce rôle de chanteuse country écervelée reste une de performances les plus remarquables.

Some Like It Hot (Certains l’aiment chaud) de Billy Wilder (1959)
24/8 à 21h15 ; 25/8 à 16h45
Même si ses relations avec Billy Wilder n’ont pas été simples, Marilyn Monroe rejoue pour lui une croqueuse d’hommes (et de milliardaires). Rien ne transparaît à l’écran, dans cette comédie enjouée et mythique, avec Tony Curtis et Jack Lemmon, des difficultés et tensions du tournage. L’actrice, chroniquement en retard, était capricieuse et dépendait maladivement de Paula Strasberg. Le film fut un énorme succès populaire et demeure le chef-d’œuvre comique de la carrière de Wilder.

Let’s Make Love (Le Milliardaire) de George Cukor (1960)
26/08 à 16h45
Un film maudit : insatisfaite du scénario, Marilyn le fit réécrire par Arthur Miller. Du coup, Gregory Peck, prévu pour le premier rôle masculin, se désiste, avant Cary Grant, Charlton Heston ou Rock Hudson. C’est finalement Yves Montand qui l’accepte. Tournage à nouveau difficile avec des désaccords entre Marilyn et Cukor et de l’attrait de ce dernier, homosexuel, pour Montand. L’échec critique et commercial du film n’était pourtant pas totalement justifié.

The Misfits (Les Désaxés) de John Huston (1961)
28/8 à 21h
Sur scénario d’Arthur Miller, une ode sur la disparition de la vie nomade des cow-boys américains. Clark Gable, malade, décédera peu après le tournage. Dépressive, sous dépendance de l’alcool et des médicaments, Marilyn ne sait pas encore que ce sera sa dernière apparition à l’écran. Le destin des deux comédiens ne rend que plus poignante leur interprétation avec le recul. Sans oublier celles, tout aussi remarquable, de leurs partenaires Montgomery Clift et Eli Wallach.




... et à travers sa garde robe

Les Hommes préfèrent les blondes (1953)
Ou comment Marilyn donne raison au titre du film

À l’occasion de ce film, William Travilla eut fort à faire : il devait imaginer des costumes fantastiques qui devaient aller aussi bien à la première tête d’affiche, la brune – la grande et musculeuse Jane Russell –, qu’à la blondinette – la pulpeuse mais plus petite Marilyn. Ce à quoi il parvint. Dans la scène d’ouverture, où l’on voit Marilyn et Jane Russell chantonner “Girls from Little Rock”, elles apparaissent toutes deux parées de la même manière, moulées dans un fourreau rouge pailleté et largement échancré sur la jambe, échancrure fermée par un bijou massif qui fait glisser l’œil jusqu’en haut de la cuisse. À l’époque, Travilla est pourtant sous l’œil de la censure hollywoodienne, des plus puritaines, qui surveille à coups de mètre mesureur la distance idoine entre deux acteurs de sexe opposé, ou encore l’ouverture d’un décolleté. Malin, Travilla va faire descendre jusqu’à la taille ce décoletté pailleté, en l’habillant subtilement d’une étoffe chair qui suffit à calmer les censeurs. Ou à les hypnotiser, sait-on jamais. À regarder de près les costumes du film, il semble que l’anatomie féminine de Marilyn n’ait pas de secret pour Travilla. Dans la fameuse scène des bijoux, où la coquette Marilyn nous raconte avec ingénuité qu’elle préfère aux hommes “Tiffany et Carttttier”, elle se fend d’un tour de chant endiablé dans une robe bustier aux plis savants, qui ne bouge pas d’un iota, malgré ses sautillements. Prodige ? Solution B, pour tout dire. Initialement, la toilette imaginée par Travilla était un body en résilles, incrustées de bijoux, posées, çà et là, pour cacher la pudeur de la Marilyn. Un costume extrêmement aguicheur (depuis le postérieur bombé, tombait une queue en velours recouverte de brillants) que la Fox refusa tout net, à un moment où Marilyn était en plein tourment médiatique. La presse ressortait alors des photos de nus faites quelques années auparavant par la starlette encore en devenir – pour lui permettre à l’époque de... sortir sa voiture de fourrière. Bref. Il fallut donc repenser quelque chose de sobre, Howard Hawks, réalisateur, indiquant que dans son film, on ne vendrait pas le corps de Marilyn ! En quelques jours, la robe rose fut imaginée, construite en plusieurs couches (et extrêmement corsetée) et ce, afin que rien ne fut vu qui ne devait être montré.
Sept ans de réflexion (1955)
Une robe qui n’arrange pas les démangeaisons

Les traductions de titre de films sont parfois trompeuses, le “Sept Ans de réflexion” de Billy Wilder a un titre original plus imagé, “la démangeaison de la 7e année”, ou comment résister à la tentation adultère avec sa jolie voisine, après sept années d’union dans les liens sacrés du mariage. Une question qui se pose de manière d’autant plus criante quand la voisine est Marilyn, habillée de sa robe ivoire qui se soulève sous les vapeurs du métro. La scène est presque plus connue que le film et la plastique de Marilyn n’y est pas étrangère, tout juste sublimée par une robe “plissé soleil”, signée de nouveau Travilla. William Travilla avait déjà dessiné pour Marilyn ce genre de robe “plissé soleil”, qui fait mouche. C’était un modèle en lamé or dessiné pour usage dans le film “Les Hommes préfèrent les blondes”, robe qui passa seulement quelques secondes à l’écran, la censure la trouvant trop suggestive. (Et pour cause, elle était portée sans sous-vêtements et avait été cousue directement sur l’actrice, pour être parfaitement ajustée).In fine, la légende et les photos prises sur le plateau racontent que, pour cette scène de “Sept ans de réflexion” où la robe se soulève opportunément, Marilyn mobilisa toute l’équipe du film, pour vérifier que tout se passait comme il faut.
Comment épouser un millionnaire ? (1953)
La technologie Cinémascope, pas que des avantages !

En 1953, toujours, Marilyn explore encore son rôle d’ingénue rigolote dans une comédie dont toutes les filles à marier devraient se tenir informées : “Comment épouser un millionnaire ?” Aux côtés de Lauren Bacall et de Betty Grable, elle joue une jeune femme en veine d’un bon mariage, mais qui ne sait trancher entre raison et sentiments. Dans ce film très girly, elle joue cette coquette myope, bombe de sensualité qui s’ignore. L’histoire des costumes de ce film nous rappelle cependant que Marilyn savait précisément ce qu’elle voulait, loin de la naïveté qu’on lui attribue souvent. Le film est le premier à être tourné en Cinémascope, c’est d’ailleurs pour cela que le studio s’est entouré de ces trois jolies blondes, pour assurer réussite à la pellicule. Mais cette technique, qui use d’écrans plus larges, tasse l’image, et fait craindre à Marilyn d’apparaître “rondouillette”. Elle refuse donc de porter les toilettes aux jupes élargies (façon New Look de Dior) de l’époque. Et Travilla imagine pour elle des toilettes seyantes, dont ce maillot de bain vermillon aux sandales assorties ou encore cette robe fourreau dahlia, que l’on voit sous toutes les coutures dans la fameuse scène où Marilyn va se repoudrer le nez chez les dames, une occasion pour elle de faire le point avec ces deux acolytes, en rendez-vous galant également. Si Lauren Bacall, dans ses écrits, garde un ton condescendant vis-à-vis de sa collaboration avec Marilyn, Betty Grable fut plus amicale, même s’il ne fait pas de doute que, dans ce film, Marilyn n’eut de cesse de passer pour la plus lumineuse. Le jour de la première du film, elle arriva dans un fourreau en dentelle piqueté de brillants, et rien en dessous évidemment.

► Cycle Marilyn Monroe jusqu’au 28 août à Cinematek, 9 rue Baron Horta, Bruxelles (www.cinematek.be)



Alain Lorfèvre et A.V.

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