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Alien est dans son ADN

Publié le 11 avril 2012 dans Actu ciné

Ridley Scott lève pour nous un coin du voile de "Prometheus", en salle le 30 mai
Ambiance de cathédrale, mardi, au Vue West End cinéma de Londres. Aucun bruit, même de grignotage de pop-corn ou de nachos ne vient perturber le silence quasi-religieux. Après des mois de suspense, l’ex-pape de la science-fiction, Ridley Scott, lève enfin un coin du voile sur le blockbuster le plus attendu de l’été, la vraie fausse prequel d’Alien, Prometheus...

D’une prequel on attend qu’elle explique tout jusqu’au début du premier film”, explique-t-il posé, un tantinet facétieux. “Or, ici, ce n’est pas le cas. Il pourrait y avoir plusieurs suites avant d’en arriver là. Mais rassurez-vous, il y a des connexions entre les deux films. Surtout vers la fin. Ce lien avec Alien est dans son ADN.

De fait, la vingtaine de minutes d’images qu’il montre pour la toute première fois ne laisse aucun doute sur la filiation. Le 21 décembre 2093, lorsque l’Androïd David (Michael Fassbender) réveille les 17 membres d’équipage du vaisseau Prometheus après 2 ans, 4 mois et 18 jours de sommeil artificiel, l’atmosphère est déjà pesante. Personne ne sait vraiment quel est le but de la mission. Pas même Vickers (Charlize Theron), la froide et musculeuse employée de la Weyland Corp. Seul un couple d’archéologues, Shaw (Noomi Rapace) et Holloway (Logan Marshall-Green) dispose de quelques éléments d’information. Dans des vestiges de lointaines civilisations, ils ont trouvé plusieurs fois les mêmes six planètes dont nos très lointains ancêtres ne pouvaient avoir connaissance. “Plus qu’une carte, c’est une invitation”, estiment-ils.

Mais Prométhée a payé chèrement la délivrance du feu aux hommes, dans la mythologie grecque. Et qui sait ce que nous réserve ce voyage spatial à la recherche des origines de l’humanité ? Décors très noirs, froids, épais mystères, découvertes fascinantes et inquiétantes, accélération de nos battements cardiaques au rythme des images de plus en plus syncopées et terrifiantes, les images dévoilées hier rappellent bien nos pires terreurs d’Alien. 33 ans après son chef-d’œuvre de l’angoisse intergalactique, Ridley Scott semble avoir frappé très fort. “Vouloir qu’un film comme ça soit classé Tout public, c’est fucking ridiculous !” , conclut-il. On peut déjà paniquer de plaisir en vue de la sortie du 30 mai.


Inspiré par la mythologie grecque

33 ans après Alien et 30 ans après Blade Runner, Ridley Scott revient au genre qui l’avait fait connaître, la science-fiction. Avec, manifestement, un petit esprit de revanche. “J’ai vu les trois autres films de la saga Alien, qui sont très différents du premier, explique le cinéaste barbu de 74 ans. Je me suis toujours demandé pourquoi personne n’avait répondu à LA question la plus importante : qui est le Space Jockey, cette grande créature osseuse ? Qui sont les aliens ? Que veulent-ils faire ? C’est pour cela qu’au départ j’ai voulu tourner une prequel. Puis, j’ai été inspiré par la mythologie grecque et, avec les auteurs, on a trouvé une voie différente pour poser des questions essentielles sur nos origines, le passé mais aussi le futur.

Dès lors, il s’écartait un peu d’Alien. Mais pas de frayeurs. “Le fait d’avoir un androïde ajoute une couche au mystère”, lâche-t-il, énigmatique. Les robots sont-ils l’avenir de l’homme ou l’instrument de sa fin ? Réponse fin mai...


Envoyé spécial de la DH à Londres Patrick Laurent

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